DIVERTISSEMENT
03/07/2015 09:34 EDT | Actualisé 03/07/2015 09:37 EDT

«Beyond»: l'histoire d'amour entre Montréal et Circa se poursuit

Montréal complètement cirque

Est-ce parce qu’ils sont dotés d’une excentricité aussi majestueuse que leur talent? Ou ont-ils simplement trouvé le secret pour séduire les Montréalais spectacle après spectacle? Toujours est-il que les acrobates australiens de Circa ont charmé la foule avec leur nouvelle production, Beyond, présentée en ouverture officielle du festival Montréal Complètement Cirque à la TOHU.

Beyond, ce n’est pas tant une histoire qu’un adage, un modus operandi, un défi qu’on se lance tous les jours. L’idée d’aller au-delà des idées reçues. De franchir la ligne entre la réalité prévisible et l’imaginaire incandescent. De jouer avec les frontières entre son humanité et ses tendances animales. De faire chaque mouvement en essayant de se surpasser, tant dans la maîtrise technique, l’originalité du numéro ou la grâce de sa présentation. À un moment ou à un autre du spectacle, les acrobates ont réussi ce pari multiple en emballant la foule.

La représentation a débuté, alors que certains interprètes occupaient la scène avec une immense tête de lapin sur les épaules, s’élançant, s’attrapant, virevoltant et s’étirant dans tous les sens, sur les rythmes de « New York, New York », célèbre chanson de Frank Sinatra évoquant si bien ce concept du surpassement : « If you can make it there, you can make it anywhere. »

Puis, changement de registre drastique, alors que l’ex-étudiante de l’École Nationale de Cirque de Montréal, Bridie Hooper, exécute un numéro de contorsion et de sangles aériennes. Sur une musique mélancolique, on l’observe se débattre avec son corps, les limites de ses membres liés, ses volontés de performance et de perfection. Chapeau!

Le chevelu Robbie Curtis se démarque en de multiples occasions, qu’il soit en train de tester l’élasticité de son corps en enfilant une raquette de tennis, tout en jonglant, ou lorsqu’il met sa force à l’épreuve en portant pratiquement tout le reste de la troupe sur lui et autour de lui.

Quand Paul O’Keefe commence à perdre la carte, au profit de certains relents animaliers, on se demande jusqu’où on est prêt à aller dans son délire. Mais lorsqu’il se met à se propulser dans toutes les directions, en feignant les accidents les plus saisissants, on ne peut qu’apprécier son extrême contrôle de la folie.

Il y a bien sûr quelques numéros qui s’étirent maladroitement. Deux ou trois passages qui ne chavirent ni le corps, ni les yeux, ni la tête. La finale n’est pas aussi éclatante que plusieurs moments fa-bu-leux décrits plus tôt. Mais comme les acrobates de Circa misent sur une bonhomie contagieuse, un sens du spectacle indiscutable, une originalité de tous les instants et une masse critique de talent exceptionnelle, on sort de la salle le sourire aux lèvres, en se disant que Beyond devra rejoindre Wunderkammer, S et Opus dans le lot de leurs réussites.

Beyond sera présenté à la TOHU jusqu’au 5 juillet 2015. Cliquez ici pour plus de détails.