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02/07/2015 05:25 EDT | Actualisé 02/07/2015 05:53 EDT

L'UPAC veut une preuve de la mort d'Arthur Porter

PC

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a dépêché deux enquêteurs au Panama afin de recueillir des preuves de la mort d'Arthur Porter.

« L'UPAC n'a reçu aucune confirmation officielle du décès de l'accusé Arthur Porter de la part des autorités panaméennes. L'UPAC n'a pas non plus reçu la preuve exigée pour valider l'authenticité du corps. Il nous apparaît donc essentiel et prioritaire d'obtenir rapidement cette preuve afin de donner les suites appropriées aux importantes accusations de fraude, de complot et de recyclage des produits de la criminalité qui pèsent contre lui », a déclaré dans un communiqué le commissaire à la lutte contre la corruption.

L'UPAC précise qu'un agent de liaison de la GRC sera sur place pour aider ses enquêteurs.

La femme d'Arthur Porter et son biographe ont annoncé que l'homme de 59 ans était mort dans la nuit de mercredi. Jeff Todd a dit avoir appris la nouvelle d'un ami d'Arthur Porter, le Dr Karol Sikora, actuellement en Angleterre. Le médecin traitant et ami d'Arthur Porter, le Dr Roberto Lopez, chef du service de cancérologie à l'Instituto Oncologico Nacional de Panama, a dit avoir signé le certificat de décès, bien qu'il n'ait pas vu son corps.

Le fait que personne ne semble avoir vu la dépouille a suscité scepticisme et confusion.

La Couronne et l'UPAC ont réclamé des confirmations officielles de la mort de l'ancien administrateur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), accusé de fraude.

Arthur Porter est accusé d'avoir accepté 22,5 millions de dollars en pots-de-vin pour donner le contrat à la firme d'ingénierie SNC-Lavalin. Il est accusé de fraude, de blanchiment d'argent et de complot dans ce qui a été qualifié de plus grande fraude pour corruption de l'histoire du Canada.

Pas d'abandon des poursuites sans preuves « concluantes et définitives »

Pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), il est crucial d'obtenir « une preuve qui est irréfutable de la mort d'un accusé ». Puisque ladite preuve a pour effet de clore le dossier d'accusation criminelle. Faillir à cette obligation d'obtenir une preuve irréfutable pourrait remettre en cause toute l'intégrité du système de justice, comme l'explique le porte-parole du DPCP, Jean-Pascal Boucher.

« Dans tous les dossiers judiciaires criminels, lorsqu'on a la certitude du décès avec un certificat de décès qui est déposé au tribunal, ça met fin au processus judiciaire; les accusations deviennent caduques », dit Me Boucher. Mais avant d'en arriver là, le DPCP doit travailler avec les autorités canadiennes et les corps policiers tels que la Sûreté du Québec.

Auto-diagnostic, cancer et médicament spécial

Arthur Porter serait décédé des suites d'un cancer au poumon, qui s'était étendu aux os et à son foie. Un cancer qu'il s'était lui-même diagnostiqué. Arthur Porter, qui était oncologue de formation, se soignait avec un médicament spécial qu'un ami, oncologue également, le docteur Karol Sikora, lui apportait des Bahamas.

En entrevue depuis Londres avec ICI Radio-Canada Première, le docteur Sikora a affirmé qu'Arthur Porter « n'avait pas subi un seul test sanguin depuis deux ans ».

« C'est moi qui, à partir des Bahamas, lui apportais ce médicament très coûteux », précise le médecin britannique, qui a visité son vieil ami à quelques reprises au Panama.

Karol Sikora soutient que les autorités panaméennes étaient mal à l'aise avec ce prisonnier qu'elles voulaient voir partir au plus vite. Arthur Porter contestait la demande d'extradition des autorités canadiennes depuis son arrestation, le 27 mai 2013, à l'aéroport de Panama City.

Des liens avec le premier ministre Harper

Avant la déchéance qui l'a mené jusque dans une prison d'Amérique centrale, Arthur Porter avait gagné la confiance de nombreux politiciens, dont le premier ministre Stephen Harper. Ce dernier avait nommé M. Porter en 2008 au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, qui supervise les opérations du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). En tant que membre du CSARS, M. Porter a aussi été assermenté au Conseil privé de la Reine, dont il fait toujours partie.

Deux ans plus tard, le médecin avait été promu au poste de président du CSARS. Il avait été forcé de partir en décembre 2011, lorsque des médias avaient révélé que son entreprise avait de présumés liens avec un trafiquant d'armes.

Avec les informations de Marc Verreault et d'Anne Panasuk

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