POLITIQUE
02/07/2015 02:07 EDT | Actualisé 02/07/2015 02:08 EDT

Mort d'Arthur Porter: la justice québécoise réclame des confirmations officielles (VIDÉO)

La Couronne dans le procès pour fraude contre Arthur Porter réclame des confirmations officielles de la mort de l'ancien administrateur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Des proches de l'homme de 59 ans ont annoncé sa mort mercredi, dans un hôpital du Panama. Le directeur de l'hôpital où se trouvait Arthur Porter a signé le certificat de décès, mais il affirme ne pas avoir vu le corps.

Le fait que personne ne semble avoir vu la dépouille suscite du scepticisme et de la confusion. En effet, c'est le biographe officiel de M. Porter, Jeff Todd, qui a annoncé sa mort par voie de communiqué. Il dit avoir appris la nouvelle d'un ami d'Arthur Porter, le Dr Karol Sikora, actuellement en Angleterre.

Ces déclarations ne satisfont pas la procureure de la Couronne, Marie-Hélène Giroux, qui pilote le procès entourant le scandale de corruption dans l'octroi de contrats au nouveau CUSM.

Rappelons qu'Arthur Porter est accusé d'avoir accepté 22,5 millions de dollars en pots-de-vin pour donner le contrat de construction du nouveau CUSM à la firme d'ingénierie SNC-Lavalin. Il est accusé de fraude, de blanchiment d'argent et de complot dans ce qui a été qualifié de plus grande fraude pour corruption de l'histoire du Canada.

Des preuves tangibles

Me Giroux affirme qu'il lui faudra des rapports officiels, tels que le rapport d'autopsie et une preuve d'identification par ADN d'Arthur Porter.

Même son de cloche du côté de l'Unité permanente anticorruption, dont l'enquête avait mené à la mise en accusation d'Arthur Porter. La porte-parole, Anne Frédérick Laurence, dit cependant qu'il n'est pas question d'envoyer des enquêteurs au Panama pour l'instant.

Arthur Porter serait décédé des suites d'un cancer au poumon, qui s'était étendu aux os et à son foie. Un cancer qu'il s'était lui-même diagnostiqué. Il se soignait avec un médicament spécial qu'un ami oncologue, le docteur Karol Sikora, lui apportait des Bahamas.

En entrevue depuis Londres avec ICI Radio-Canada Première, le docteur Sikora a affirmé qu'Arthur Porter « n'avait pas subi un seul test sanguin depuis deux ans ».

« C'est moi qui, à partir des Bahamas, lui apportais ce médicament très coûteux », précise le médecin britannique, qui a visité son vieil ami à quelques reprises au Panama.

Karol Sikora soutient que les autorités panaméennes étaient mal à l'aise avec ce prisonnier qu'elles voulaient voir partir au plus vite. Arthur Porter contestait la demande d'extradition des autorités canadiennes depuis son arrestation, le 27 mai 2013, à l'aéroport de Panama City.

Des liens avec le premier ministre Harper

Avant la déchéance qui l'a mené jusque dans une prison d'Amérique centrale, Arthur Porter avait gagné la confiance de nombreux politiciens, dont le premier ministre Stephen Harper. Ce dernier avait nommé M. Porter en 2008 au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, qui supervise les opérations du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). En tant que membre du CSARS, M. Porter a aussi été assermenté au Conseil privé de la Reine, dont il fait toujours partie.

Deux ans plus tard, le médecin avait été promu au poste de président du CSARS. Il avait été forcé de partir en décembre 2011, lorsque des médias avaient révélé que son entreprise avait de présumés liens avec un trafiquant d'armes.

L'épouse d'Arthur Porter, Pamela, a plaidé coupable à deux chefs d'accusation de recyclage des produits de la criminalité, en décembre dernier, à Montréal. Elle a été condamnée à 2 ans moins 1 jour d'emprisonnement et à une année de probation. Le fait de plaider coupable a permis à Pamela Porter d'éviter un procès.

Avec les informations de Marc Verreault et d'Anne Panasuk

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