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28/06/2015 13:09 EDT | Actualisé 28/06/2016 01:12 EDT

Polémique en Iran après l'annulation de concerts

L'annulation de plusieurs concerts par la justice iranienne provoque une polémique dans le pays où le chef du pouvoir judiciaire a semblé critiquer dimanche le président modéré Hassan Rohani opposé à ces mesures.

La musique à l'instar de toutes les représentations artistiques publiques sont des sujets sensibles dans la République islamique, surtout parmi les conservateurs religieux qui crient à "l'occidentalisation" du pays. D'autres pans de la société, surtout les jeunes, aspirent au contraire à plus de liberté.

L'obtention d'autorisations est strictement contrôlée par le ministère de la Culture, mais plusieurs manifestations culturelles ont récemment été annulées en dépit d'autorisations.

S'exprimant sur ce sujet le 13 juin, M. Rohani a estimé qu'un concert ne pouvait être annulé s'il avait été au préalable officiellement autorisé et que les citoyens avaient déjà acheté leurs billets.

"A partir du moment où une autorisation est délivrée (...), si la justice veut ensuite intervenir (pour l'annuler), elle devrait pouvoir le justifier d'un point de vue légal", a indiqué le président iranien.

"J'ai été navré d'entendre de la part d'un religieux qu'interdire des concerts est une atteinte aux droits de l'Homme", a déclaré dimanche le chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, dans des propos semblant viser M. Rohani, qui est également un religieux.

"Les droits de l'Homme ne devraient pas aller à l'encontre des règles islamiques", a-t-il ajouté.

Il a encore estimé que cette affaire avait été exagérée par les médias, affirmant que seuls neuf concerts sur 300 avaient été annulés depuis mars.

"Certains responsables exécutifs disent que si nous avons accordé une autorisation, nous ne pouvons pas revenir dessus", a dit M. Larijani. "Cela est faux", ajoute-t-il.

M. Rohani, élu président il y a deux ans, s'est récemment opposé à de hauts responsables religieux sur des questions de société.

En 2013, il s'était opposé à une proposition de loi donnant plus de pouvoir à la police et aux milices chargés de veiller au respect du port du voile islamique.

La loi avait été jugée plus tard anticonstitutionnelle.

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