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28/06/2015 10:17 EDT | Actualisé 28/06/2016 01:12 EDT

Nucléaire iranien: négociations prolongées, Zarif rentre pour consulter

Les négociateurs des grandes puissances et de l'Iran, appelés à faire de "difficiles choix politiques" pour parvenir à un accord historique sur le nucléaire, se sont accordés dimanche pour prolonger leurs discussions de quelques jours.

En raison de l'importance de l'enjeu et de points de blocage persistants, l'Iran et les grandes puissances ont annoncé qu'ils déborderont de quelques jours la date butoir du mardi 30 juin.

D'ici là, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif doit rentrer rapidement à Téhéran dimanche soir pour consultations, une décision que Washington a accueillie positivement.

"Nous avons toujours dit que les ministres peuvent avoir besoin de faire des allers-retours", a déclaré un officiel américain, soulignant que cela peut être "une bonne chose".

Après 20 mois de discussions acharnées, les négociateurs se trouvent au pied du mur. "Des décisions très difficiles vont devoir être prises", a rappelé le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond.

"C'est une question de volonté politique. Si toutes les parties font preuve de volonté politique, on y arrivera", a de son côté assuré la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

- Pas de nouveau report -

L'Iran et les grandes puissances du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) ont toutefois exclu dimanche un nouveau report à long terme des négociations, soulignant qu'un accord devrait être trouvé lors du round actuel à Vienne.

Mais M. Hammond a souligné préférer "plutôt pas d'accord qu'un mauvais accord". L'Iran a également dit vouloir un "bon accord global".

Les grandes puissances veulent s'assurer que l'Iran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui asphyxient son économie depuis une décennie.

John Kerry et Mohammad Javad Zarif, les deux principaux protagonistes du dossier, en étaient convenus dès samedi: il reste "beaucoup" de pain sur la planche pour parvenir à un accord.

Les grandes puissances exigent une limitation durable des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production, un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements pris et des inspections "rigoureuses" des sites iraniens, "y compris militaires si nécessaire", comme l'a rappelé le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Or le guide suprême Ali Khamenei, qui a la haute main sur le dossier nucléaire, a réitéré en début de semaine son refus de toute inspection des sites militaires, une "ligne rouge" non négociable selon lui.

M. Khamenei a également déclaré ne pas accepter de "limitations de longue durée" du programme nucléaire, alors que les grandes puissances souhaitent brider celui-ci pour au minimum 10 ans.

- "Etre constructif" -

M. Zarif a de son côté rappelé la principale exigence iranienne: "la levée de toutes les sanctions".

Téhéran souhaite que les sanctions internationales soient abandonnées dès la mise en oeuvre d'un accord, alors que les grandes puissances souhaitent une levée progressive et réversible.

Les représentants du P5+1 se sont retrouvés pour faire le point dimanche en début d'après-midi.

Le ministre allemand Frank Walter Steinmeier a appelé à l'issue de cette réunion "toutes les parties, y compris l'Iran, à se montrer constructif pour parvenir à un accord".

Un tel accord serait le premier pas d'une possible réconciliation entre la République islamique et les Etats-Unis, brouillés depuis 35 ans. Il marquerait aussi un retour sur la scène internationale de la République islamique chiite, ce qui effraie les puissances sunnites de la région et Israël.

Un règlement du dossier aurait également un impact sur le marché mondial de l'énergie, en libérant les immenses réserves iraniennes d'hydrocarbures.

"Ne croyez pas que l'Iran a besoin de cet accord", a cependant averti le président du parlement iranien, le conservateur Ali Larijani, cité par l'agence Irna dimanche. "Nous accueillons favorablement un accord car c'est dans l'intérêt de tous mais ne croyez pas que nous supporterons plus de pressions (...) N'obligez pas l'Iran à renoncer à la voie des négociations", a-t-il lancé.

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