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28/06/2015 14:21 EDT | Actualisé 28/06/2016 01:12 EDT

Les touristes se rendant en Grèce invités à venir avec de l'argent liquide

Des millions de vacanciers se rendant en Grèce ont été invités dimanche à partir avec suffisamment d'argent liquide dans leurs bagages au moment où la saison touristique commence à battre son plein dans un pays menacé de déroute bancaire.

Les touristes allemands ou anglais, qui débarquent actuellement par charters entiers sur les plages de Corfou ou de Crète, auront-ils du mal à régler leurs additions dans les tavernes, faute d'avoir pu retirer du cash?

C'est pour se prémunir de ce danger éventuel que plusieurs pays européens, au premier rang desquels l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ont conseillé dimanche à leurs ressortissants en partance pour la Grèce d'emporter suffisamment d'argent liquide pour faire face à des imprévus.

En Grèce, où le tourisme est le secteur vital d'une économie en perdition, on tentait de rassurer les vacanciers. "Nos clients étrangers n'ont aucun problème avec les transactions financières. Leurs cartes de crédit ne seront pas concernées par un contrôle des capitaux", a assuré à l'AFP Andreas Andreadis, président de la Confédération du tourisme grec.

Afin de prévenir une panique générale face à la perspective d'un défaut de la Grèce, les banques hellènes seront fermées lundi, et un contrôle des capitaux, instauré.

- Incertitude sur les distributeurs de billets -

Depuis l'annonce d'un référendum en Grèce et la rupture des discussions entre Athènes et ses créanciers ce week-end, des files d'attente de Grecs se sont déjà formées devant les distributeurs automatiques de Thessalonique à Athènes, faisant craindre qu'ils ne soient pas réalimentés en billets.

En Allemagne, où les vacances scolaires ont commencé vendredi dans certaines régions, le ministère des Affaires étrangères a recommandé à ses ressortissants de se rendre en Grèce avec "suffisamment d'argent liquide" et à "se tenir informés de l'évolution de la situation via les recommandations de voyage du ministère et les médias".

Le Foreign Office a également enjoint les Britanniques à prévoir des liquidités pour couvrir "des urgences ou des circonstances inattendues".

La Suède et les Pays-Bas conseillent la prudence avant de monter dans l'avion pour Mykonos ou Santorin tandis que la Norvège a prévenu qu'il ne fallait "pas s'attendre à pouvoir retirer du liquide aux distributeurs dans les prochains jours".

A Athènes, les touristes ne se pressaient guère aux distributeurs ce week-end. Marie-Joseph, une touriste française, a expliqué à l'AFP: "Notre guide nous a dit (...) que la queue aux banques était un sport national".

La Grèce a accueilli l'an dernier un nombre record de touristes, à plus de 21,5 millions, et attend cette année encore un nouveau record avec, selon la Confédération du tourisme SETE, la barre des 25 millions de visiteurs en ligne de mire.

Reste que ces incertitudes sur les liquidités tombent au pire moment pour le secteur touristique alors que la saison arrive à son apogée.

Une pension tout confort sur l'île de Paros, un petit restaurant de plage à Rhodes font souvent travailler toute une famille. La saison d'été est d'autant plus importante qu'une immense majorité de ces établissements, en particulier sur les îles, ne sont ouverts que durant les beaux jours et servent de revenus pour l'année entière.

Plus gros contingent de touristes étrangers, 2,5 millions d'Allemands se sont rendus l'an dernier en Grèce, un pays dont ils apprécient le soleil, la mer et les plages, en particulier en Crète ou à Corfou. Leur nombre devrait encore augmenter pour cette édition 2015.

Avant que la rupture des négociations entre Athènes et ses créanciers, le secteur touristique s'était déjà montré inquiet des projets de réformes en discussion. Il était en effet envisagé une augmentation de la TVA dans les îles alors qu'elles bénéficient d'un régime spécial.

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