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27/06/2015 22:25 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Le Parlement grec autorise la tenue d'un référendum sur le plan de sauvetage

ATHÈNES, Grèce - Tel que prévu, après plus de 12 heures de débats, le Parlement grec a autorisé dans la nuit de samedi la tenue d'un référendum, le 5 juillet, pour demander aux Grecs s'ils acceptent — ou non — les réformes que les créanciers internationaux exigent en échange d'une prolongation du plan de sauvetage.La proposition du premier ministre Alexis Tsipras avait pris de court ses créanciers et ses partenaires européens avec cette nouvelle, la veille, surtout que lui et plusieurs de ses ministres ont invité les Grecs à voter «non».Selon des documents du Parlement, le référendum demandera aux Grecs de se prononcer sur la proposition de réformes soumise jeudi par les créanciers du pays. Le gouvernement grec l'a rejetée, estimant qu'elle exigeait des coupes trop douloureuses pour la population.Sur un total de 300 députés, 178 d'entre eux ont voté en faveur de la tenue du référendum et 120 s'y sont opposés.«Ils ne nous ont pas demandé de donner notre accord. Ils nous ont demandé de renoncer à notre dignité politique», a tonné le premier ministre Tsipras lors du débat de samedi.On ne sait pas pour l'instant les conséquences d'une victoire du «non» dimanche prochain.Par ailleurs, samedi, les pays de la zone euro ont rejeté une prolongation d'un mois du plan de sauvetage financier comme l'avait réclamé M.Tsipras. L'avenir de la Grèce au sein de l'organisation semblait de plus en plus incertaine.Le plan de sauvetage financier de la Grèce prend fin mardi, et sans nouveau délai ou nouveau prêt de ses créanciers, le pays risque de ne plus être en mesure de rembourser ses dettes à temps, ce qui pourrait mener à l'effondrement de son secteur bancaire.Sans argent et sans aide de l'extérieur, le gouvernement devrait se résoudre à imprimer une nouvelle monnaie, ce qui signifierait sa sortie de la zone euro, ainsi que de nouvelles difficultés financières. Les experts redoutent une nouvelle et profonde récession dans un pays qui a déjà connu cinq années de dépression économique. «Bien que ce soit regrettable, nous devons conclure que le programme expirera mardi soir. C'est la dernière date à laquelle nous aurions pu conclure un accord», a déclaré Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.«Les autorités grecques ont demandé un délai supplémentaire d'un mois. Mais pendant ce mois, il ne pourrait y avoir aucun décaissement, a-t-il poursuivi. Comment le gouvernement grec pense-t-il qu'il pourra survivre et gérer ses problèmes durant cette période? Je ne sais pas.»Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déclaré qu'un accord était encore possible et qu'il était prêt à servir d'intermédiaire entre la Grèce et ses créanciers.Son homologue grec, Yanis Varoufakis, a insisté samedi sur le fait que la Grèce et ses créanciers avaient encore le temps d'améliorer l'accord — et éviter une issue négative au référendum. «Il n'y a aucune raison de ne pas pouvoir conclure un accord d'ici mardi. Si l'accord est acceptable, nous recommanderons un vote positif», a-t-il dit.«C'est un triste jour pour l'Europe, mais nous allons le surmonter», a ajouté M. Varoufakis avant de quitter la réunion, alors que les partenaires européens poursuivaient leurs discussions.M. Dijsselbloem n'a pas exclu la possibilité de reprendre les discussions, rappelant que ce n'étaient pas les créanciers internationaux qui avaient interrompu les pourparlers de samedi.À travers Athènes, des citoyens ont commencé à affluer aux guichets automatiques pour retirer leur argent dès que le premier ministre a annoncé la tenue d'un référendum, dans la nuit de vendredi à samedi. La longueur des files et la quantité d'argent disponible dans les guichets variait d'un endroit à l'autre. Dans un communiqué publié samedi après-midi, la Banque de Grèce a assuré que le flux d'argent dans les guichets automatiques ne serait pas interrompu.