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28/06/2015 14:44 EDT | Actualisé 28/06/2016 01:12 EDT

Le contrôle des capitaux, déjà expérimenté lors de la crise à Chypre

Le contrôle des capitaux, décidé par la Grèce dimanche, a déjà été expérimenté, de manière draconienne, à Chypre, pour éviter une fuite d'argent lorsque ce pays, au bord de la faillite, négociait en 2013 un plan de sauvetage européen.

Cette mesure, qui a affecté Chypre pendant deux ans, était alors une première dans l'Union européenne.

Outre la mise en place d'un contrôle des capitaux, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé dimanche une fermeture provisoire des banques et une limitation des retraits bancaires pour éviter une hémorragie des liquidités.

Selon la presse, la Banque centrale européenne (BCE) n'a consenti dimanche à maintenir le financement des banques grecques qu'en échange de ces mesures.

Car la Grèce, où des files d'attente se sont formées devant les distributeurs automatiques dans tout le pays ce week-end, vit sous la menace d'un défaut de paiement.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne, ont encouragé leurs ressortissants qui se rendent en Grèce pour les vacances à y aller avec beaucoup d'argent liquide.

Il y a deux ans, quand Chypre était en pleins pourparlers au sujet d'un prêt de plusieurs milliards d'euros avec le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne et la BCE, un prélèvement sur tous les comptes bancaires avait été envisagé en mars 2013, pour aider ce pays à redresser la barre.

- Toutes les banques fermées -

Face au risque de panique bancaire avec des retraits massifs d'argent, le gouvernement chypriote avait alors fermé toutes les banques pendant près de deux semaines, interdit les virements par internet et limité les retraits par carte bancaire. A la réouverture des banques, des restrictions draconiennes régissaient les mouvements de capitaux.

Le danger, en cas de fuite des capitaux, est en effet la faillite des banques, et par voie de conséquence celle de l'Etat, contraint de débourser des sommes très importantes pour honorer la garantie assurée à tous les dépôts jusqu'à hauteur de 100.000 euros.

Chypre, qui a finalement accepté la liquidation de sa principale banque et des prélèvements de 47,50% sur les dépôts au-dessus de 100.000 euros dans la deuxième, a dès lors vécu au rythme des restrictions bancaires, même si celles-ci ont été assouplies petit à petit.

Initialement, les Chypriotes ne pouvaient plus retirer que 300 euros par jour -500 euros pour les entreprises- et ne pouvaient plus ouvrir un compte bancaire. Les chèques ne pouvaient plus être échangés au guichet contre du liquide mais devaient être déposés sur un compte, et les transferts de fonds d'une banque à l'autre étaient limités.

Les entreprises ont été particulièrement affectées, peinant à payer fournisseurs et salariés pendant les premières semaines.

D'autant qu'à l'international également, une série de restrictions étaient imposées.

Les entreprises étaient soumises à des plafonds pour leurs transferts d'argent vers l'étranger.

Il était en outre interdit de quitter Chypre avec plus de 1.000 euros en liquide, une somme progressivement relevée au fil des mois. Même chose pour les paiements et les virements à l'étranger, initialement limités à 5.000 euros par mois, par personne et par banque.

Grâce à une amélioration de la confiance des marchés internationaux dans le système financier chypriote, les restrictions ont été levées une à une. La dernière au niveau national a été supprimée en mai 2014, quand il est redevenu possible d'ouvrir des comptes bancaires.

Pour les restrictions à l'international, les Chypriotes ont dû attendre un an de plus, leur pays n'ayant retrouvé sa complète liberté de mouvements financiers qu'en avril.

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