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28/06/2015 18:57 EDT | Actualisé 28/06/2016 01:12 EDT

L'euro glisse sous 1,10 dollar, en raison des craintes sur la Grèce

L'euro est tombé lundi matin sous 1,10 dollar dans les premiers échanges en Asie, les investisseurs fuyant le risque lié à la crise grecque.

A 06H50 à Tokyo (dimanche 21H50 GMT), l'euro valait 1,0970 dollar, contre 1,1160 vendredi vers 21H00 GMT.

Il n'était pas passé sous 1,10 dollar depuis le début du mois et était même monté à plus de 1,13 dollar il y a une semaine.

La monnaie européenne baissait aussi fortement face à la devise japonaise (qui sert de valeur refuge), à 133,80 yens au lieu de 138,26 yens.

Cette chute risque d'entraîner celle des actions lundi matin à la Bourse de Tokyo, d'autant que le dollar déclinait également face à la monnaie nippone, à 122,22 yens contre 123,89 yens.

"La possibilité d'un défaut de paiement de la Grèce prend un goût de réel", a commenté pour le Nikkei un économiste de Dai-ichi Life.

Les investisseurs redoutent en outre une sortie de la Grèce de la zone euro après le référendum que le chef du gouvernement grec a décidé d'organiser dimanche 5 juillet, ont expliqué des courtiers.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, tirant les conséquences de l'échec de cinq mois de négociations avec les créanciers du pays (Union Européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), avait provoqué la stupéfaction en annonçant à la télévision, dans la nuit de vendredi à samedi, un référendum à tenir dès dimanche prochain.

Les Grecs, selon le texte de la proposition, devront dire "oui" ou "non" aux mesures soumises vendredi au gouvernement d'Alexis Tsipras par les créanciers UE et FMI lors d'un des derniers cycles des négociations qui durent depuis la fin février entre les deux parties.

"Ce référendum est de facto un vote sur la question de rester ou non à l'intérieur de la zone euro", a commenté pour l'agence Bloomberg Imre Speizer, de Westpac Banking Corp à Auckland.

M. Tsipras a aussi annoncé dimanche soir à la télévision la fermeture temporaire des banques grecques et l'instauration d'un contrôle des capitaux, tout en invitant la population au sang-froid.

Le Premier ministre a également dit avoir reformulé dimanche auprès de l'UE et de la BCE la demande de la Grèce d'une prolongation du programme d'aide dont elle bénéficie.

Tous ces rebondissements incitent les acteurs des marchés à l'extrême prudence, ces derniers imaginant plusieurs scénarios et les risques allant de pair.

"Les effets négatifs directs sur les grandes économies étrangères apparaissent assez petits", a toutefois estimé l'économiste de Dai-ichi Life, tout en ajoutant que le dollar risquait quand même de baisser encore face au yen, ce qui pénaliserait les entreprises nippones.

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