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27/06/2015 04:15 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Syrie: la Turquie "ne permettra jamais" un Etat kurde (Erdogan)

Le président Recep Tayyip Erdogan a affiché son mécontentement face à la progression des forces kurdes dans le nord de la Syrie, affirmant que la Turquie ne permettrait jamais l'établissement d'un Etat kurde en Syrie, aux portes de la Turquie.

"J'en appelle à la communauté internationale. Quel que soit le prix à payer, nous ne permettrons jamais l'établissement d'un nouvel Etat à notre frontière sud, dans le nord de la Syrie", a dit le président islamo-conservateur vendredi soir, lors d'un dîner de rupture du jeûne de Ramadan.

L'homme fort de Turquie, cité par les médias, a accusé les forces kurdes qui ont progressé face aux jihadistes du groupe de l'Etat islamique (EI) dans plusieurs secteurs proches de la frontière turco-syrienne de "changer la structure démographique" des zones dont elles se sont emparées.

M. Erdogan faisait allusion aux populations arabes et turkmènes (turcophones) de ces régions.

L'EI a cependant lancé jeudi une attaque surprise contre la ville kurde syrienne de Kobané, frontalière de la Turquie, qui a fait au moins 164 morts.

MM. Erdogan a une nouvelle fois démenti toute complaisance d'Ankara à l'égard des jihadistes: "c'est une grande calomnie d'accuser la Turquie d'avoir des liens avec une quelconque organisation terroriste" en Syrie, a-t-il dit.

Samedi matin, un correspondant de l'AFP du côté turc de la frontière pouvait entendre encore le bruit des tirs ainsi que d'explosions indiquant la poursuite des affrontements dans la ville.

Les forces kurdes en Syrie (YPG) entretiennent des relations avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a lancé en 1984 une insurrection armée en Turquie et est considéré par les autorités d'Ankara comme un groupe "terroriste".

La création éventuelle d'une zone autonome sous contrôle du PKK dans le nord de la Syrie est une source d'inquiétude pour Ankara, au premier chef parce que ses propres Kurdes pourraient s'en inspirer, ensuite parce que ce territoire jouxtera la région autonome du Kurdistan au nord de l'Irak.

Dans un entretien vendredi au journal Hürriyet, Saleh Muslim, le chef du PYD (Parti de l'union démocratique, principal parti kurde syrien dont la branche armée est le YPG), a exclu la création d'un Etat kurde syrien. "Nous n'avons pas de tel projet", a-t-il dit.

BA/at