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27/06/2015 19:33 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Référendum grec: Tsipras appelle à un "grand non" aux créanciers

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé, dans un discours devant le parlement dans la nuit de samedi à dimanche, à dire "un grand non à l'ultimatum" des créanciers du pays lors du référendum proposé par son gouvernement pour le 5 juillet.

S'adressant aux parlementaires avant le vote organisé sur cette proposition de référendum, Alexis Tsipras a estimé que "le peuple grec dira un grand non à l'ultimatum mais en même temps un grand oui à l'Europe de la solidarité", et s'est dit persuadé qu'"au lendemain de ce fier non, la force de négociation du pays sera renforcée" avec ses créanciers UE et FMI.

"Les créanciers n'ont pas cherché notre approbation mais l'abandon de notre dignité, il faut le refuser", a asséné le Premier ministre dans un discours extrêmement offensif vis à vis des partenaires de négociation de la Grèce.

L'expression "grand non" est une référence au "Non" objecté par les autorités grecques à l'ultimatum de l'armée italienne souhaitant entrer sur le territoire grec en 1940. L'une des deux fêtes nationales grecques, le 28 octobre, est, pour cette raison, connue comme "le jour du Non".

"Dans le pays où est née la démocratie, nous ne demanderons pas l'autorisation à M. Dijsselbloem (le président de l'Eurogroupe, ndlr) et à M. Schaüble (ministre allemand des Finances, ndlr)" de tenir un référendum, a déclaré le Premier ministre sur un registre très belliqueux, affirmant que "le référendum se tiendra normalement qu'ils le veuillent ou non".

Il a également vertement reproché aux ministres des Finances membres de la zone euro de s'être réunis samedi "en excluant un de leurs membres", le ministre des Finances Yanis Varoufakis, d'une partie des débats.

Il a estimé que durant les derniers mois de discussions sur la reprise du financement des créanciers à la Grèce, Athènes avait fait "une tentative sincère de négociations" visant "un accord mutuellement bénéfique" et était allé "au bout des concessions possibles".

Selon Alexis Tsipras, le refus des interlocuteurs de la Grèce de prendre en compte les propositions d'Athènes traduit une volonté de "punir une voix différente en Europe" et il a déploré que se soit enclenchée, après l'annonce du référendum, "une propagande de peur qui va culminer dimanche prochain", jour de la consultation.

Il a affirmé que ce référendum "n'était pas une tentative de scission avec l'Europe mais de scission avec des pratiques qui sont un affront pour l'Europe".

Pour être approuvée, la proposition de référendum du gouvernement de gauche radicale doit être approuvée par un minimum de 151 députés sur les 300 du parlement.

smk/jr