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27/06/2015 06:36 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Nucléaire iranien: le dernier acte, le plus difficile, commence à Vienne

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif se sont retrouvés samedi matin à Vienne, donnant le coup d'envoi d'ultimes tractations pour tenter d'obtenir un accord historique sur le nucléaire iranien.

Soustrait à la vue des caméras, M. Kerry, qui marche avec des béquilles en raison d'un fémur fracturé, est arrivé par une porte arrière dans le palace viennois qui abrite les négociations.

M. Kerry, 71 ans, s'était brisé la jambe lors d'une chute de vélo fin mai alors qu'il était venu en Suisse pour discuter.... nucléaire iranien avec M. Zarif.

La négociation sur ce dossier, l'un des plus épineux des relations internationales depuis le début des années 2000, est censée s'achever le 30 juin, mais la plupart des négociateurs s'accordent à dire que les discussions pourraient être prolongées de quelques jours.

Les chefs de la diplomatie des autres puissances du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) sont attendus ce week-end ou dans les jours qui viennent pour tenter de mettre un terme à 20 mois d'un épuisant marathon diplomatique, de Genève à Vienne en passant par New York et Lausanne.

Les discussions vont se poursuivre pendant plusieurs jours, même si les ministres ne resteront pas forcément sur place en continu. "On va avoir des jours et des nuits tendus et compliqués. Il va falloir beaucoup de calme et de sang-froid", prévoit une source diplomatique occidentale.

Car le règlement des points cruciaux du dossier "reste extrêmement problématique", selon cette source, pour qui des "désaccords importants" subsistent sur les sujets majeurs, même si "des progrès" ont pu être réalisés par ailleurs.

"Transparence, inspections, levée des sanctions, possible dimension militaire (du programme nucléaire iranien) : les sujets les plus difficiles sont à régler dans les jours qui viennent", a déclaré cette source, pour qui la conclusion finale est "maintenant une question de choix politiques".

Vendredi, l'un des principaux négociateurs iraniens, Abbas Aragchi, avait également fait état de "certains problèmes majeurs" dans les négociations. "Dans l'ensemble, le travail se fait difficilement et lentement", a dit M. Araghchi, même s'il a fait part de "progrès" sans détailler.

- 'Le plus dur pour la fin' -

Depuis plusieurs mois, les principales divergences entre les deux parties portent sur le calendrier concernant la levée des sanctions internationales, que Téhéran voudrait voir abandonnées dès la conclusion d'un accord, sur l'inspection des sites militaires, que l'Iran refuse, ou encore sur les clarifications exigées par les grandes puissances sur la "Possible dimension militaire" (PMD) du programme nucléaire iranien.

La communauté internationale veut obtenir de strictes garanties que le programme nucléaire iranien est purement à vocation civile et que Téhéran ne cherchera pas à se doter de l'arme atomique, en échange d'une levée progressive des sanctions mises en place depuis dix ans et qui asphyxient l'économie du pays.

Téhéran et les grandes puissances, qui ont discuté vainement pendant des années, sont engagés depuis septembre 2013 dans d'intenses négociations pour parvenir à un accord qui consacrerait un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran, brouillés depuis 35 ans, et le retour sur la scène internationale de la République islamique chiite, dont l'influence effraye les puissances sunnites de la région et Israël.

Le P5+1 et l'Iran ont conclu en novembre 2O13 un accord intérimaire, renouvelé deux fois, et sont parvenus, dans la douleur, à fixer à Lausanne en avril dernier les paramètres de ce que pourrait être un accord définitif.

"Nous avons toujours su que lorsque nous approcherions de la fin cela deviendrait de plus en plus difficile, parce que les enjeux deviennent plus importants. On laisse toujours le plus dur pour la fin", a estimé jeudi un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat.

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