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27/06/2015 00:45 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Nouvel essai de SpaceX pour récupérer en partie le lanceur de fret vers l'ISS

La société américaine SpaceX doit lancer dimanche sa capsule non-habitée Dragon vers la Station spatiale internationale (ISS) pour une septième mission d'approvisionnement, et tentera de récupérer le premier étage du lanceur après deux échecs.

Le lancement de la fusée Falcon 9 est prévu à 10H21 locales (14H21 GMT) de la station de l'U.S Air Force de Cap Canaveral en Floride (sud-est).

Les prévisions météorologiques donnent 90% de chances de conditions favorables au moment du décollage.

Il s'agira de la troisième tentative pour contrôler la descente du premier étage de Falcon après sa séparation du reste du lanceur pour le faire atterrir en douceur sur une barge flottant à plusieurs centaines de kilomètres au large de la Floride.

La capsule Dragon transporte près de deux tonnes de matériel et d'approvisionnement pour la Nasa. En cas de succès du lancement, elle devrait arriver à l'ISS tôt mardi.

Le vaisseau sera alors capturé par le bras télémanipulateur de la station spatiale, manoeuvré par l'astronaute américain Scott Kelly assisté du commandant de bord, le russe Gennady Padalka. Il sera ensuite amarré sur le module américain Harmony qui fait face à la Terre.

Actuellement l'équipage de l'ISS n'est composé que de trois membres et retrouvera ses effectifs normaux - six personnes - fin juillet.

En cas de report du tir, une autre tentative sera possible lundi matin.

Une fois séparé du reste du lanceur trois minutes après le décollage, le premier étage rallumera à plusieurs reprises ses moteurs en rétropropulsion pour effectuer une descente contrôlée de plus de cent kilomètres dans l'atmosphère et tenter de se poser sur une plateforme de 91 mètres de longueur sur 170 mètres de largeur dans l'Atlantique.

La précédente tentative de récupération date du 14 avril: l'engin était bien revenu sur la barge mais trop brutalement pour rester intact. Même déconvenue lors du premier essai le 10 janvier, lorsqu'il s'était déjà brisé en plusieurs morceaux en tentant de se poser.

- Un peu plus optimiste -

"Il est difficile d'estimer les chances de succès ou même de savoir si elles sont plus ou moins grandes que la dernière fois", a déclaré vendredi soir lors d'une conférence de presse, Hans Koenigsmann, le responsable technique de SpaceX, se disant toutefois "un tout petit peu plus optimiste".

La firme de Californie travaille depuis deux ans à la mise au point de technologies permettant de récupérer le premier étage du lanceur pour pouvoir le réutiliser plusieurs fois, réduisant ainsi nettement les coûts.

Un succès pourrait bouleverser le secteur du lancement des satellites commerciaux dans lequel SpaceX est en concurrence avec la société française Arianespace, le leader mondial, et l'américaine United Launch Alliance, une société commune de Boeing et Lockheed Martin.

Le groupe européen Airbus, qui produit la fusée Ariane, a récemment dévoilé qu'il travaillait depuis 2010 à un système permettant de récupérer les moteurs des fusées d'appoint.

Il y a quelques semaines, Boeing et Lockheed Martin avaient annoncé le développement d'un nouveau lanceur dont les moteurs seront réutilisables.

Dragon doit livrer des aliments et des vêtements pour l'équipage ainsi que du matériel destiné à des expériences scientifiques pour étudier notamment la combustion en micro-gravité, faire la première observation depuis l'espace de météores entrant dans l'atmosphère terrestre et continuer à effectuer des recherches sur les effets sur l'organisme humain de séjours prolongés en apesanteur pour préparer une mission vers Mars.

Il s'agit de la septième mission de ravitaillement de l'ISS effectuée par SpaceX pour le compte de la Nasa sur les 12 prévues dans le cadre d'un contrat de 1,6 milliard de dollars.

Dragon, qui a été en 2012 le premier vaisseau spatial privé à s'amarrer à la station spatiale lors d'un vol de démonstration, est la seule capsule au monde capable de ramener du fret sur Terre.

SpaceX et Orbital Science sont les deux seules firmes privées avec lesquelles la Nasa a conclu des contrats d'approvisionnement de l'ISS.

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