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27/06/2015 07:49 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Mauritanie: liberté provisoire pour un défenseur des droits de l'Homme

Un responsable d'une association mauritanienne de défense des droits de l'Homme, en prison depuis plus de sept mois après un rassemblement anti-esclavagiste, a été remis en liberté provisoire pour raison de santé, a-t-on appris samedi de source judiciaire et auprès de sa famille.

Djiby Sow, président de l'Association "Kawtal Ngam Yellitaare", pour la défense des droits civiques et culturels en langue pulaar, a "quitté la prison" de Nouakchott vendredi, après avoir bénéficié d'une liberté provisoire, a affirmé à l'AFP une source pénitentiaire.

"Il était malade et suivait des soins", a t-elle indiqué.

L'information a été confirmée par un membre de sa famille qui s'est exprimé sous couvert de l'anonymat.

Djiby Sow, initialement détenu à Aleg (centre-ouest), "se trouvait depuis quelque temps à la prison de Nouakchott où il suivait des soins intensifs à l'hôpital national" pour des "problèmes rénaux aigus et des complications dermatologiques", a indiqué cette source.

Il avait été arrêté en novembre 2014 à Rosso (sud), en même temps que deux responsables de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Dah Ould Abeid, président de cette ONG anti-esclavagiste, et un de ses adjoints, Brahim Ould Bilal Ramdane.

Les trois prévenus étaient accusés d'"appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique".

Ils avaient été condamnés en décembre 2014 à deux ans de prison. Les deux autres détenus continuent de purger leur peine à Aleg.

Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d'esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison. Le phénomène perdure néanmoins, selon des ONG.

hos/mrb/dom