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26/06/2015 21:08 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Les Grecs appelés à se prononcer par référendum sur l'accord avec les créanciers

ATHÈNES, Grèce - Les Grecs seront appelés à se prononcer par référendum le 5 juillet sur le plan d'aide en cours de négociation avec les créanciers internationaux du pays et des représentants du gouvernement grec les invitent déjà à rejeter les propositions de leurs vis-à-vis.Le premier ministre Alexis Tsipras a fait cette annonce lors d'un discours télévisé tôt samedi matin, après une réunion d'urgence de son cabinet.«On demande au gouvernement grec d'accepter des mesures qui imposeraient un fardeau insupportable au peuple grec. Actuellement, nous devons assumer une responsabilité historique concernant l'avenir de notre pays», a-t-il expliqué.Le ministre grec du Développement, Panayiotis Lafazanis, a appelé les Grecs à voter contre l'accord qui pourrait être conclu lors de la réunion d'urgence des 19 ministres des Finances de la zone euro, samedi.«Notre peuple va voter non, vous allez voir. C'est une très belle soirée. Les Grecs pourront bientôt décider», a déclaré le ministre d'État Nikos Pappas.M. Tsipras a indiqué que le Parlement se réunirait d'urgence samedi pour entériner la décision. La même journée, les ministres des Finances des 19 pays de la zone euro tiendront une rencontre dite «de la dernière chance», à Bruxelles, pour arriver à une entente.«Il ne s'agit pas d'une question de dire oui ou non à l'euro... à l'euro ou au drachme», a assuré le ministre de la Défense Panos Kammenos, sur les ondes de la télévision d'État ERT TV, en faisant référence à l'ancienne monnaie grecque. «Il n'y a pas de procédure pour que la Grèce quitte la zone euro», a-t-il ajouté. Les règles de l'organisation ne contiennent aucune disposition concernant un pays qui en serait expulsé. Cette annonce pourrait accentuer le climat de confrontation qui subsiste entre le gouvernement grec et ses créanciers.Si elle ne conclut pas un nouvel accord, la Grèce risque de se retrouver en situation de cessation de paiement dès mardi, ce qui pourrait ultimement mener à sa sortie de la zone euro. Le premier ministre Tsipras a affirmé qu'il allait demander samedi aux créanciers de la Grèce de leur accorder un prolongement «de quelques jours» du plan de sauvetage.Plus tôt vendredi, les négociations semblaient avoir progressé, après que le premier ministre grec eut accepté une deuxième série de concessions en une semaine.La Grèce a ainsi accepté de réduire les pensions à un niveau qui s'approche de celui exigé par les créanciers avant l'octroi de nouveaux prêts, ont indiqué des responsables, sous le couvert de l'anonymat, en raison de la sensibilité des négociations.Il y a quelques jours, la Grèce a accepté des compressions de 8 millions d'euros ainsi que de nouvelles taxes pour les deux prochaines années.Après le dépôt de la première proposition grecque, l'Allemagne et d'autres créanciers — particulièrement le Fonds monétaire international (FMI) — s'inquiétaient de voir Athènes se tourner vers sa taxe d'affaires, ce qui, à leur avis, aurait pu freiner la croissance.Ils ont ainsi insisté pour que la Grèce en fasse davantage.Vendredi, les propositions ont suffisamment rapproché M. Tsipras, le FMI ainsi que les autres institutions européennes pour que certains anticipent que la rencontre de samedi puisse représenter une percée importante.«La rencontre de samedi est décisive», affirmé la chancelière allemande Angela Merkel, après son entretien avec M. Tsipras et le président de la France, François Hollande.