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27/06/2015 18:20 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Les créanciers de la Grèce refusent de prolonger le plan de sauvetage

ATHÈNES, Grèce - La place de la Grèce dans l'euro semblait de plus en plus incertaine, samedi, les pays de la zone euro ayant rejeté une prolongation d'un mois du plan de sauvetage financier, quelques heures après l'annonce par le premier ministre grec de la tenue d'un référendum risqué sur l'avenir financier du pays.Des citoyens grecs inquiets faisaient la file devant les banques pour retirer leur argent, samedi, tandis que les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis sans la Grèce pour discuter des façons de maintenir la stabilité de l'euro dans l'éventualité où la Grèce en sortirait.Le premier ministre Alexis Tsipras a choqué les créanciers internationaux de la Grèce tard vendredi en annonçant la tenue d'un référendum le 5 juillet pour demander aux Grecs s'ils acceptent les réformes que les créanciers exigent en échange d'une nouvelle tranche d'aide.Le plan de sauvetage financier de la Grèce prend fin mardi, et sans nouveau délai ou nouveau prêt de ses créanciers, le pays risque de ne plus être en mesure de rembourser ses dettes à temps, ce qui pourrait mener à l'effondrement de son secteur bancaire. Sans argent et sans aide de l'extérieur, le gouvernement devrait se résoudre à imprimer une nouvelle monnaie, ce qui signifierait sa sortie de la zone euro, ainsi que de nouvelles difficultés financières. Les experts redoutent une nouvelle et profonde récession dans un pays qui a déjà connu cinq années de dépression économique. Le gouvernement a indiqué qu'il recommanderait aux Grecs de voter «non» au référendum. Cette position a mis en colère plusieurs partenaires européens de la Grèce.Le Parlement grec devait débattre et voter à minuit, samedi, sur la demande de référendum du gouvernement, mais les procédures ont été ralenties par un différend entre le parti d'opposition Nouvelle Démocratie et le président de la Chambre. Les députés d'opposition, qui avaient claqué la porte des discussions, ont finalement réintégré leurs sièges après une trentaine de minute.La proposition du premier ministre devrait malgré tout être adoptée puisque la coalition formée de son parti et d'un autre parti nationaliste détient la majorité des sièges au Parlement.«Bien que ce soit regrettable, nous devons conclure que le programme expirera mardi soir. C'est la dernière date à laquelle nous aurions pu conclure un accord», a déclaré Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.«Les autorités grecques ont demandé un délai supplémentaire d'un mois. Mais pendant ce mois, il ne pourrait y avoir aucun décaissement, a-t-il poursuivi. Comment le gouvernement grec pense-t-il qu'il pourra survivre et gérer ses problèmes durant cette période? Je ne sais pas.»Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déclaré qu'un accord était encore possible et qu'il était prêt à servir d'intermédiaire entre la Grèce et ses créanciers.Son homologue grec, Yanis Varoufakis, a insisté samedi sur le fait que la Grèce et ses créanciers avaient encore le temps d'améliorer l'accord — et éviter une issue négative au référendum. «Il n'y a aucune raison de ne pas pouvoir conclure un accord d'ici mardi. Si l'accord est acceptable, nous recommanderons un vote positif», a-t-il dit.«C'est un triste jour pour l'Europe, mais nous allons le surmonter», a ajouté M. Varoufakis avant de quitter la réunion, alors que les partenaires européens poursuivaient leurs discussions.À travers Athènes, des citoyens ont commencé à affluer aux guichets automatiques pour retirer leur argent dès que le premier ministre a annoncé la tenue d'un référendum, dans la nuit de vendredi à samedi. La longueur des files et la quantité d'argent disponible dans les guichets variait d'un endroit à l'autre. Dans un communiqué publié samedi après-midi, la Banque de Grèce a assuré que le flux d'argent dans les guichets automatiques ne serait pas interrompu. Selon des documents du Parlement, le référendum demandera aux Grecs de se prononcer sur la proposition de réformes soumise jeudi par les créanciers du pays. Le gouvernement grec l'a rejetée, estimant qu'elle exigeait des coupes trop douloureuses pour la population.