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27/06/2015 16:16 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Le Parlement grec approuve le référendum sur le plan d'aide

Le Parlement grec a approuvé sans surprise la tenue le 5 juillet prochain d'un référendum sur les propositions de réformes réclamées par les créanciers d'Athènes en échange du déblocage de nouvelles liquidités.

Lors du débat qui s'est déroulé samedi soir, le premier ministre Alexis Tsipras s'est dit convaincu d'une victoire « retentissante » du non qui, a-t-il dit, renforcera son pays dans les négociations avec les « institutions » (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire internationale).

« L'heure de vérité approche pour les créanciers, l'instant où ils vont s'apercevoir que la Grèce ne capitulera pas, que la Grèce n'est pas jeu qui est terminé », a-t-il déclaré.

« Je suis certain que le peuple grec se montrera à la hauteur des circonstances historiques et opposera un ''non'' retentissant à cet ultimatum », a ajouté le chef de file du parti de gauche anti-austérité Syriza.

L'Eurogroupe refuse de prolonger le plan d'aide

Tirant les conséquences de l'annonce surprise de ce référendum, les ministres des Finances des partenaires européens de la Grèce au sein de la zone euro ont pris acte samedi de la rupture unilatérale des négociations à l'initiative d'Athènes et refusé de prolonger l'actuel programme de renflouement, qui expire mardi, le jour où la Grèce, à court de liquitidés, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.

Le tournant intervenu ce week-end, empêchant le déblocage d'une dernière tranche d'aide financière, ouvre donc la voie à un défaut grec dès mardi et risque d'enclencher un processus inédit de sortie d'un pays de l'union monétaire.

La Grèce et l'ensemble de la zone euro entrent donc dans une période d'incertitude extrême, une situation dans laquelle un pays membre pourrait être contraint de renoncer à la monnaie unique étant totalement inédite.

La crainte la plus immédiate concerne le système bancaire grec, qui ne fonctionne que grâce à la fourniture de liquidités d'urgence assurée par la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière a simplement déclaré samedi que son Conseil des gouverneurs se réunirait « en temps voulu ».

Des files d'attente étaient visibles samedi devant la plupart des distributeurs de billets d'Athènes, dont certains étaient vides dès le milieu de l'après-midi. La présence policière autour des agences bancaires avait été renforcée dès vendredi soir après l'allocution télévisée du premier ministre.

La quasi-totalité des agences bancaires sont fermées le week-end et aucun signe de véritable panique n'était perceptible samedi dans les rues d'Athènes. Des sources gouvernementales ont dit qu'aucun projet de mise en place de mesures de contrôle des capitaux, qui limiteraient les retraits d'espèces, n'était à l'ordre du jour.