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27/06/2015 09:20 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

La Grande-Bretagne sous le choc après l'attentat en Tunisie

David Cameron a dit samedi qu'il fallait s'attendre à un grand nombre de victimes britanniques dans l'attentat sanglant en Tunisie, le plus meurtrier pour ses ressortissants depuis le carnage de Londres il y a dix ans.

"Massacre sur des transats", "Bloody Friday", "Terreur sur la plage": la presse ne se faisait guère d'illusions quant au lourd tribut payé par le Royaume-Uni dans l'attaque contre l'hôtel Riu Imperial Marhaba à Port el Kantaoui, station balnéaire à 140 km au sud de Tunis, près de Sousse.

Selon le Foreign Office, le nombre de Britanniques tués était toujours officiellement chiffré à cinq samedi après-midi, sur les 38 victimes au total.

Mais Londres s'attend à un nombre bien plus élevé, tandis que le ministère tunisien de la Santé a indiqué que huit Britanniques figuraient parmi les dix premiers cadavres identifiés.

"La Grande-Bretagne doit se préparer à ce qu'un grand nombre de ceux qui ont été tués dans l'attaque sauvage en Tunisie soient des Britanniques", a déclaré le Premier ministre David Cameron à la sortie d'une nouvelle réunion de crise.

"Ce sont des touristes innocents qui ont été assassinés", s'est ému le Premier ministre qui s'est entretenu au téléphone avec le président tunisien et la chancelière allemande Angela Merkel.

Signe de l'implication britannique, Scotland Yard a dit avoir dépêché un "grand nombre de policiers en Tunisie pour assister les autorités tunisiennes et conduire notre propre enquête".

Pour le Royaume-Uni, il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis les attentats-suicides du 7 juillet 2005 à Londres, dont le pays s'apprête à commémorer le dixième anniversaire. Il y a dix ans, quatre explosions séparées dans les transports publics londoniens avaient tué 56 personnes et fait plus de 700 blessés.

Plus récemment, en janvier 2013, six Britanniques avaient été tués dans l'attaque du complexe gazier algérien d'In Amenas par un commando islamiste.

Alors qu'à Londres, les mesures de sécurité ont été renforcées pour la Gay Pride et pour le "Armed Forces Day" samedi, les premiers touristes rapatriés en urgence de Tunisie ont atterri dans la matinée sur le sol britannique.

Ils ont été accueillis par des officiers de police à la recherche d'indices, notamment captés par les téléphones portables des témoins du drame.

A l'aéroport de Manchester, deux ambulances attendaient à la sortie du Terminal 2. Certains passagers étaient en pleurs au moment de débarquer.

- 2.500 Britanniques rapatriés -

Le tour opérateur Thomson et First Choice a envoyé dix avions en Tunisie pour rapatrier environ 2.500 touristes britanniques. Un touriste, Jeremy Moore, "heureux d'être rentré" a déclaré à son arrivée à l'aéroport londonien de Gatwick que les passagers de son vol avaient applaudi lorsque l'avion a décollé.

Les plages tunisiennes sont particulièrement prisées par les vacanciers britanniques. Ils étaient environ 20.000 en voyage organisé en Tunisie au moment du drame, a indiqué l'Association des agences de voyages britanniques ABTA à l'AFP.

Ce chiffre n'inclut pas tous ceux qui voyagent à titre individuel.

De nombreux témoignages glaçants continuaient à affluer pour décrire l'horreur vécue à l'heure du déjeuner vendredi.

"J'ai vu un homme recevoir une balle dans la tête, un autre a été touché au ventre. Il y avait du sang partout", a raconté Ellie Makin.

La presse a aussi identifié quelques héros.

Keith Hawkes, un ancien soldat gurkha, âgé de 70 ans, a raconté au Times comment il est passé juste à côté du tireur lorsqu'il a fait face au feu nourri de son arme automatique pour se porter à la rescousse des victimes. "Je ne saurai jamais pourquoi il ne m'a pas visé moi", a-t-il dit.

Une jeune Galloise, Saera Wilson, a remercié son compagnon d'avoir utilisé son corps comme bouclier pour la protéger des balles. Matthew James, 30 ans, a été touché trois fois, à l'épaule, la poitrine et la hanche, mais ses jours ne sont pas en danger.

"Il était couvert de sang, mais il m'a juste dit de m'enfuir. Il m'a dit: +je t'aime bébé, mais va t'en. Dis à nos enfants que leur papa les aime.+ Je n'avais jamais rien vu d'aussi courageux", a déclaré sa compagne.

jk/abk