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27/06/2015 10:10 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Iran/Nucléaire: "au moins trois conditions indispensables" pour un accord (Fabius)

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a énuméré en arrivant à Vienne samedi trois conditions "indispensables" pour obtenir selon lui un accord sur le nucléaire iranien.

"La première c'est une limitation durable des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production, la deuxième c'est une vérification rigoureuse des sites (iraniens) y compris militaires si nécessaire, et la troisième c'est un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements pris" par l'Iran, a déclaré M. Fabius.

"Ces trois conditions respectent la souveraineté de l'Iran. Elles ne sont pas encore acceptées par tous et pourtant elles sont le triangle de base indispensable pour l'accord robuste que nous voulons, et c'est avec ces trois conditions en tête que nous allons aborder cette négociation", a ajouté le ministre.

Le guide suprême Ali Khamenei a réaffirmé mardi les "lignes rouges" de l'Iran dans les négociations nucléaires, réitérant notamment son refus de toute inspection des "sites militaires" de son pays.

Les grandes puissances veulent que l'AIEA (l'agence internationale de l'Energie atomique) puisse accéder à des sites militaires pour s'assurer que le programme nucléaire iranien ne dévie pas de sa nature civile.

M. Khamenei avait également déclaré ne pas accepter de "limitations de longue durée" du programme nucléaire, alors que les grandes puissances souhaitent le brider pour au minimum dix ans.

Les grandes puissances du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) veulent s'assurer que l'Iran n'a pas cherché ni ne cherche à se doter de l'arme nucléaire. En échange, ils lèveraient progressivement les sanctions internationales qui pèsent depuis 10 ans sur l'économie du pays.

Les négociations, entamées il y a 20 mois, sont censées s'achever dans les jours qui viennent, mais tous s'accordent à dire qu'elles dépasseront la date butoir du 30 juin initialement fixée.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, premier ministre arrivé vendredi soir à Vienne, a rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à deux reprises samedi. Il doit s'entretenir en fin de journée avec Laurent Fabius, réputé pour avoir la ligne la plus intransigeante dans ces négociations.

Les autres ministres doivent arriver ce week-end ou dans les jours qui viennent. La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini est attendue dimanche.

cf/lpt

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