NOUVELLES
27/06/2015 17:28 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Gambie: annulation de l'expulsion d'un homme d'affaires libanais soupçonné d'être lié au Hezbollah

Le gouvernement gambien a annoncé samedi l'annulation de l'expulsion d'un Libanais, qu'il avait accusé de porter "préjudice à l'économie gambienne", et qui est soupçonné par les Etats-Unis d'être lié au mouvement chiite Hezbollah.

"La décision d'expulser l'homme d'affaires Hussein Tajudeen et ses associés a été annulée. M. Hussein Tajudeen et ses associés sont donc par la présente autorisés à continuer de vivre et de faire des affaires en Gambie", a indiqué le gouvernement dans un communiqué lu samedi soir sur la télévision publique.

La mesure d'expulsion a été levée après l'engagement de M. Tajudeen de mener des activités licites en Gambie, ajoute le texte.

Le multimillionnaire avait été, début juin, "déclaré persona non grata par le président (gambien Yahya) Jammeh".

Les autorités lui avaient donné trois jours pour quitter le pays et trente jours pour fermer ses entreprises.

Le gouvernement lui reprochait des "pratiques inacceptables dans le domaine des affaires portant préjudice à l'économie gambienne", sans évoquer les accusations américaines contre M. Tajudeen. L'intéressé et sa famille, qui avaient été visés par des sanctions américaines en 2010, ont réfuté ces allégations par le passé.

Hussein Tajudeen, un ancien proche du président Jammeh, était, avant son expulsion, propriétaire de la plus grande chaîne de supermarchés de Gambie (Kairaba) et était le principal importateur de riz et de farine du pays.

En juin 2013, il avait déjà été déclaré persona non grata et expulsé de Gambie - où il vivait alors depuis 15 ans - pour "activités économiques indésirables", après avoir été accusé d'être impliqué dans la vente d'aliments périmés. Le président Jammeh l'avait gracié en octobre 2013 et autorisé à revenir.

Hussein Tajudeen figure sur une liste de Libanais vivant en Afrique de l'Ouest accusés par les Etats-Unis d'aider le mouvement chiite libanais Hezbollah. Les entreprises de ces millionnaires sont suspectées de faire partie d'un réseau international générant des sommes colossales pour le Hezbollah, que les Etats-Unis décrivent comme "un des groupes terroristes les plus dangereux au monde".

str-mrb/gg