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27/06/2015 12:34 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

France: le chef d'entreprise décapité était un homme engagé et apprécié de tous

Sauvagement décapité vendredi lors d'un attentat dans la région de Lyon (centre-est de la France), Hervé Cornara, chef d'entreprise de 54 ans, était apprécié pour son dynamisme et son engagement dans la ville de Fontaines-sur-Saône où il résidait.

"C'est un mec formidable", soupire, sans arriver à parler de lui au passé, Fernand Rodriguez, secrétaire de l'association des locataires du quartier des Marronniers, que présidait M. Cornara.

Hervé Cornara était un "enfant du quartier" qui "se donnait à fond dans tout", ont témoigné ses voisins. Emus, ils saluaient samedi la mémoire de ce chef d'entreprise, dont le corps décapité a été découvert la veille dans l'enceinte d'une usine de gaz industriels visée par un attentat.

Marié et père d'un jeune homme aujourd'hui âgé d'une vingtaine d'années, Hervé Cornara était resté fidèle, malgré ses succès, à ce quartier modeste où il avait grandi: des barres d'immeubles de quatre étages, une grande tour, une crèche, une clinique vétérinaire et un coquet jardin partagé. Sa maman, âgée de 87 ans, habite toujours dans la tour en face.

Responsable de l'association des locataires, le chef d'entreprise était très actif. "Il s'est impliqué pour garder le poste. Il voulait organiser un grand barbecue ces jours-ci", rappelle son ami Fernand.

"Il travaillait beaucoup, surtout depuis qu'il avait sa deuxième société à Chassieu, on se disait que ça lui ferait trop", ajoute Fernand Rodriguez, tandis que son épouse baisse la tête et sanglote, dans leur appartement du premier étage de la même barre d'immeuble que la victime.

L'enfant du pays avait quitté un temps la région avant d'y revenir pour créer une petite entreprise de transports. Les affaires marchant correctement, il s'était récemment agrandi et avait racheté des locaux à Chassieu, et l'entreprise de transport Colicom.

C'est là que travaillait aussi l'auteur présumé de l'attentat et de son assassinat, Yassin Salhi, qui se trouve toujours en garde à vue.

- Monstrueux -

"C'est monstrueux, c'est de la barbarie, on ne lui a pas laissé de chance, il faudrait que ça s'arrête", s'emporte Nadine Espitalier, qui habite dans la même cage d'escalier.

Dans le quartier, quelles que soient les générations, tout le monde semblait le connaître.

Promenant son chien, Pascal Servino dit avoir "grandi avec lui" aux Marronniers. "Hervé était parti un temps en Martinique, et il était revenu. C'était un homme affectueux, généreux. Il était strict sur le quartier: dès que quelque chose n'allait pas, il se mobilisait pour résoudre les problèmes. Il va nous manquer".

Comme de nombreux voisins, M. Servino a rejoint peu avant midi l'allée centrale longeant l'immeuble, pour participer à une minute de silence, en présence du maire.

"Nous sommes ici pour saluer la mémoire de notre ami, de notre voisin. Hervé a été assassiné hier (vendredi) dans des conditions que l'on ne peut décrire, victime d'un acte barbare", a ensuite souligné le maire de Fontaines, Thierry Pouzol, au milieu de quelque 200 habitants.

La voix chevrotante, il a ensuite invité les habitants des Marronniers à se donner la main pendant la minute de silence, avant d'aller déposer un bouquet de fleurs devant le n°10 de l'immeuble où résidait Hervé Cornara.

phi/fga/mw/abk

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