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27/06/2015 18:07 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Des milliers de touristes quittent la Tunisie après l'attentat meurtrier

TUNIS, Tunisie - Le premier ministre tunisien a annoncé samedi une série de nouvelles mesures de sécurité pour lutter contre le terrorisme, dont la fermeture des mosquées extrémistes et le rappel de réservistes de l'armée, alors que des milliers de touristes quittaient la Tunisie au lendemain du pire attentat terroriste de l'histoire du pays.Les touristes affluaient à l'aéroport de Hammamet, près de la ville balnéaire de Sousse, où un jeune homme en tenue de plage a sorti un fusil d'assaut de son parasol et a abattu 38 personnes, principalement des touristes, vendredi.Les autorités britanniques ont annoncé samedi que 15 citoyens britanniques faisaient partie des victimes, en précisant que le bilan risquait encore d'augmenter. Le sous-secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères Tobias Ellwood a déclaré qu'il s'agissait de «la pire attaque terroriste contre des citoyens britanniques» depuis les attentats de juillet 2005 à Londres, qui ont fait 52 morts.Le gouvernement irlandais a pour sa part annoncé qu'une infirmière irlandaise avait été tuée à Sousse, et que deux autres citoyens irlandais pourraient aussi avoir perdu la vie. En Allemagne, le ministère des Affaires étrangères a confirmé qu'au moins un Allemand avait été tué. Un Belge serait également au nombre des victimes, selon le gouvernement tunisien.Lors d'une conférence de presse dans la nuit de vendredi à samedi, le premier ministre Habib Essid, visiblement exténué, a appelé tous les Tunisiens à travailler ensemble pour combattre le terrorisme et promis une récompense financière pour toute information menant à l'arrestation de suspects de terrorisme. Il a déclaré que la lutte contre le terrorisme était «une responsabilité nationale».Le premier ministre a annoncé le rappel de réservistes et précisé qu'ils seraient déployés dans les lieux touristiques et les hôtels à travers le pays. Il a également appelé les hôtels à renforcer eux-mêmes leurs mesures de sécurité. M. Essid a aussi affirmé que les partis politiques et les associations soutenant les idées radicales et recevant du financement suspect seraient suspendus, et que quelque 80 mosquées connues pour leurs discours extrémistes seraient fermées.Le gouvernement a été critiqué pour le manque de vigueur de ses mesures antiterroristes, particulièrement depuis que 22 personnes ont été tuées dans un attentat au Musée du Bardo, à Tunis, en mars.Le tireur, qui a été tué par les policiers après l'attaque, a été identifié par les autorités comme étant Siefeddine Rezgui, un jeune étudiant de l'Université de Kairouan. Dans un message publié sur Twitter, le groupe armé État islamique a revendiqué l'attaque et identifié l'assaillant sous son pseudonyme djihadiste, Abou Yahya al-Qayrawani.À l'hôtel Imperial Marhaba où l'attaque s'est produite, des fourgonnettes et des autobus évacuaient les touristes samedi. Bien que l'hôtel soit toujours ouvert, les agences de voyage ont appelé les touristes à quitter les lieux, a indiqué le directeur de l'établissement.«Nous n'aurons probablement aucun client aujourd'hui, mais nous gardons nos employés en poste», a déclaré Mohammed Becheur, en précisant que l'hôtel de 370 chambres était rempli à 75 pour cent avant l'attentat.Le tourisme est vital pour l'économie tunisienne et a déjà connu une baisse de 25 pour cent depuis l'attaque au Musée du Bardo.Les agences de voyage britanniques Thomson et First Choice ont indiqué qu'elles rapatriaient des milliers de touristes de la Tunisie samedi et qu'elles annulaient tous les vols vers ce pays au cours de la prochaine semaine. Selon la principale association touristique britannique, ABTA, quelque 20 000 voyageurs britanniques se trouvent présentement en Tunisie.