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27/06/2015 08:55 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Coupe de l'America - Six équipes en route pour le Graal

A un mois des America's Cup World Series (ACWS) de Portsmouth (sud de l'Angleterre), première étape vers les régates de la Coupe de l'America 2017 aux Bermudes, la plupart des équipes sont en ordre de marche pour tenter de conquérir le Graal de la voile.

Deux ans et demi après avoir lancé leur défi, Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson ont confirmé jeudi leur engagement dans la 35e "Cup", sous les couleurs du Groupama Team France, l'un des cinq challengers d'Oracle Team USA, détenteur du trophée.

Avec un budget relativement modeste de 5 millions d'euros par an jusqu'en 2017 (15 millions au total), les Français sont loin d'être les mieux dotés financièrement, face notamment à Oracle Team USA, propriété du milliardaire américain Larry Ellison, vainqueur en 2010 et 2013.

L'équipe suédoise Artemis Racing, qui appartient au pétro-milliardaire Torbjörn Törnqvist, n'est pas non plus la plus mal lotie.

Représentant le Royal Swedish Yacht Club, Artemis a séduit une belle brochette de matière grise tricolore: Vincent Lauriot-Prévost, Hervé Devaux, Michel Kermarec, Simon Watin, Nicolas Rousselon et Loïck Peyron.

Les Suédois disposent de deux AC45 (13,45 m) à foils, petits frères des AC48 de la "Cup", et ont commencé à naviguer aux Bermudes, sous la houlette du Britannique Iain Percy et de l'Australien Nathan Outteridge, skipper désigné.

- De l'AC72 à l'AC48 -

Mais, comme l'a souligné Cammas, grâce à la réduction de la taille des bateaux de 72 pieds (22 m) à 62 (19 m) puis 48 (14,5), la Coupe de l'America -plus vieux trophée sportif au monde (1851)- n'est "plus le championnat du monde des milliardaires mais celui des meilleures nations en voile".

Le plus polyvalent des marins français ne le cache pas. Sans ce changement de jauge, il n'y aurait pas eu de bateau tricolore aux Bermudes en 2017, faute de moyens. Avec un budget divisé par trois, tout redevient possible.

La partie sportive du défi français sera supervisée par Cammas, Desjoyeaux s'occupant de la partie technologique.

Groupama Team France ne dispose que d'un AC45 à foils, qui s'entraîne au large de Lorient (Morbihan), sa base. La construction de l'AC48 français commencera fin 2015.

Reste à consolider l'équipe architecturale. Et, si possible, à "rapatrier" des talents partis chez les Italiens de Luna Rossa, qui se sont retirés de la course pour protester contre le changement (tardif) de jauge. Le nom de l'Allemand Martin Fisher, concepteur des trimarans Groupama 2, 3 et du catamaran vainqueur de la Petite Coupe de l'America 2013, Groupama C, est évoqué.

De l'autre côté de la Manche, le quadruple champion olympique britannique Ben Ainslie, l'une des clefs du succès d'Oracle face aux Kiwis en 2013 à San Francisco, n'est pas en reste.

- Barker chez les Japonais -

Fort d'un partenariat avec Land Rover, le BAR (Ben Ainslie Racing), dirigé par Martin Whitmarsh, l'ex-patron de McLaren, est basé à Portsmouth et dispose de deux AC45 à foils qui naviguent dans le Solent.

Très discrets, les Kiwis reconstruisent une équipe affaiblie par l'éviction de Dean Barker, parti chez SoftBank Team Japan. Skipper attitré de Team New Zealand depuis 2000, lorsqu'il remporta la "Cup", finaliste en 2003, 2007 et 2013, Barker a été remplacé par Peter Burling, 24 ans, l'une des pépites de la voile néo-zélandaise.

Dernier challenger déclaré, SoftBank Team Japan bénéficiera de l'assistance technologique d'Oracle. Pas de précisions sur le budget de l'équipe nipponne, qui a aussi reçu le renfort du Britannique Chris Draper, ancien de Luna Rossa et médaille de bronze en 49er aux JO 2004.

Toutes ces équipes, plus celle -aux moyens colossaux- du "defender" Oracle, seront présentes du 23 au 26 juillet aux ACWS de Portsmouth, qui se disputeront sur des AC45 à foils. L'occasion de faire le point sur les forces en présence, à 2 ans de la "Cup"...

heg/abl