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27/06/2015 08:22 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Burundi: un bâtiment abritant du matériel électoral incendié en province (gouverneur)

Un bâtiment abritant du matériel électoral a été incendié par des inconnus durant la nuit dans une localité du nord-est du Burundi, a annoncé samedi le gouverneur de la province concernée, précisant que des urnes et des isoloirs avaient brûlé.

Le porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a confirmé cet incendie volontaire, indiquant attendre les résultats d'un inventaire des dégâts en cours pour se prononcer sur les conséquences quant à l'organisation dans la commune du double scrutin législatif et communal de lundi.

Dans la commune de Ntega, à environ 200 km au nord-est de Bujumbura, "un groupe de jeunes non identifiés a profité du sommeil des policiers qui étaient de garde et a incendié le bâtiment qui abritait du matériel électoral", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province Kirundo, Révérien Nzigamasabo.

"Une partie des urnes et des isoloirs ont brûlé mais la population a pu sauver le reste", a ajouté le gouverneur, joint au téléphone depuis Bujumbura.

Une source policière a affirmé à l'AFP que des tirs avaient été échangés entre des militaires intervenus et les présumés incendiaires.

"On ne connaît pas encore l'étendue des dégâts. On est train d'inventorier" ce qui a été détruit, a expliqué à l'AFP le porte-parole de la Céni, précisant que les conséquences sur l'organisation des scrutins ne serait connues qu'"après évalution" des dégâts.

Le climat politique et sécuritaire est extrêmement tendu au Burundi, à l'approche des élections législatives et communales de lundi et de la présidentielle du 15 juillet. L'opposition a annoncé qu'elle ne participerait pas à un "simulacre électoral" et la société civile a appelé au boycott des scrutins.

Dans la nuit, deux grenades ont explosé et des tirs résonné dans le quartier de Jabe, à Bujumbura, sans faire de victime, selon des témoins. Des détonations et des tirs d'origine inconnue sont entendus depuis plusieurs nuits à Bujumbura.

Les autorités burundaises refusent de reporter à nouveau les scrutins, malgré l'appel de la communauté internationale qui estime que les conditions ne sont pas remplies pour des élections crédibles.

Depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, le Burundi est le théâtre d'un mouvement de contestation émaillé de violences qui ont fait au moins 70 morts.

Durant cette semaine, une série d'attaques à la grenade ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés.

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