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26/06/2015 20:57 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Burundi: l’idée d’un report des élections écartée par le représentant à l'ONU

Le représentant permanent du Burundi auprès des Nations unies, Albert Shingiro, a affirmé vendredi que les élections burundaises auraient bien lieu au cours du prochain mois, faisant valoir que 95 pour cent de la population veut voter et non «demeurer otage d'une minorité radicale» qui continue de demander un nouveau report du scrutin.M. Shingiro a déclaré lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qu'un quatrième report plongerait le gouvernement dans un vide constitutionnel. Comme ce n'est pas une situation que le gouvernement «peut accepter», a-t-il souligné, les élections législatives auront lieu comme prévu «ce lundi».À l'inverse, le principal opposant politique au président sortant, le candidat indépendant Agathon Rwasa, a affirmé vendredi que les élections devaient être reportées jusqu'à ce que les conditions qui permettront un vote libre et juste soient respectées. Il estime que le climat actuel, caractérisé par l'insécurité et les entraves aux libertés, n'est pas favorable.En entrevue téléphonique, M. Rwasa a rappelé que plusieurs militants de l'opposition avaient intimidés — même que l'une d'entre elle aurait été assassinée — et plus de 127 000 personnes ont dû quitter le pays.Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est du même avis qu'Agathon Rwasa. Se disant «profondément préoccupé par le climat politique au Burundi», il a lui aussi demandé vendredi «aux autorités du pays de reporter les élections afin de créer un environnement propice à la tenue d'élections inclusives, pacifiques et transparentes», selon le communiqué publié par son porte-parole.Albert Shingiro a toutefois réitéré le fait que les dates du 29 juin, ainsi que celles du 15 juillet pour les élections présidentielles et du 24 juillet pour les sénatoriales, sont «les dernières dates possibles pour que la Constitution soit respectée».Depuis l'annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat à la tête du Burundi, le 26 avril, des manifestations quasi quotidiennes ont lieu dans la région de la capitale, Bujumbura. Le président fait valoir qu'il lui est permis de se représenter, car son premier mandat lui avait été donné par le Parlement en 2005, alors que la Constitution édicte que le président «est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois». Après plus de deux mois de fortes protestations civiles, le bilan est d'au moins 77 morts. Une tentative de coup d'État avait échoué à la mi-mai.