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27/06/2015 00:34 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Attentats: un homme décapité près de Lyon, plusieurs Français tués en Tunisie

Six mois après les attentats de Paris, un chef d'entreprise de 54 ans est mort décapité vendredi dans une attaque contre un site industriel français sensible près de Lyon (centre-est), dont l'auteur présumé, connu pour ses liens avec la mouvance salafiste, a été arrêté.

Par ailleurs, plusieurs ressortissants français ont été tués dans un attentat sanglant contre un hôtel tunisien, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) et dans lequel 38 personnes ont trouvé la mort, a annoncé le Premier ministre tunisien Habib Essid vendredi soir.

La journée de vendredi a été également marquée par un attentat suicide revendiqué par l'EI, qui a fait 27 morts, et en Somalie, où des dizaines de soldats ont été tués par les islamistes shebab, selon un bilan provisoire.

Au lendemain de l'attentat commis dans la région lyonnaise, à Saint-Quentin-Fallavier, un nouveau conseil restreint présidé par le président François Hollande et en présence du Premier ministre Manuel Valls et de plusieurs ministres, se tiendra à l'Élysée à 11h00 (09h00 GMT).

Un précédent conseil restreint présidé par M. Hollande, qui avait dû écourter sa présence à un sommet européen à Bruxelles, avait eu lieu vendredi au cours duquel le chef de l'Etat avait appelé à "l'unité" et annoncé que le plan Vigipirate était porté "en alerte maximum" pendant trois jours en Rhône-Alpes, qui compte de nombreux sites chimiques sensibles.

La société française, dont la résistance est "mise à l'épreuve" par le nouvel attentat "ignoble" et "préoccupant" commis en Isère, doit "être forte sur ses valeurs", a appelé samedi le Premier ministre Manuel Valls, assurant que son gouvernement réagirait "avec sang-froid".

C'est la première fois en France qu'une décapitation a lieu lors d'une attaque terroriste, une pratique en revanche fréquemment utilisée en Syrie et Irak par l'EI.

Yassin Salhi, l'auteur présumé de l'attaque de vendredi matin a été arrêté alors qu'il tentait de déclencher une deuxième explosion sur le site industriel.

Fraîchement arrivé en région lyonnaise en provenance de l'Est de la France, cet homme de 35 ans au casier judiciaire vierge, avait été fiché en 2006 par les services de renseignements pour "radicalisation", selon l'Intérieur. Il avait de nouveau été repéré entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise.

Seules la femme et la soeur du suspect ont pour l'heure été interpellées, mais le caractère isolé de son action reste à vérifier.

- Macabre mise en scène -

Père de trois enfants, Yassin Salhi est né en France d'un père d'origine algérienne et d'une mère d'origine marocaine.

Le suspect s'est présenté au volant d'un véhicule utilitaire peu avant 07H30 GMT devant l'usine de gaz industriels de la société américaine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, à une quarantaine de km de Lyon, deuxième ville de France.

Il a pu pénétrer sur ce site sensible car "il avait l'habitude de rentrer dans l'usine pour effectuer des livraisons" et était ainsi connu du personnel, a précisé le procureur de Paris, François Molins.

Quelques minutes plus tard, il a projeté son véhicule sur un des hangars du site, provoquant une explosion qui "a soufflé une partie" du bâtiment, sans faire de blessés.

L'assaillant avait préalablement signé une macabre mise en scène, en accrochant sur le grillage extérieur la tête décapitée de son employeur, entourée de drapeaux islamistes. Les pompiers dépêchés sur place l'ont ensuite surpris en train d'ouvrir des bouteilles d'acétone et l'ont maîtrisé, a ajouté le procureur.

Le corps de la victime a été retrouvé près du véhicule utilitaire ainsi qu'un couteau, en cours d'analyse. Le parquet antiterroriste de la capitale s'est saisi de l'enquête.

Yassin Salhi avait été repéré par les services de renseignement français entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise, a déclaré M. Molins.

Selon Bernard Cazeneuve, il avait auparavant fait l'objet de 2006 à 2008 d'une fiche de surveillance des services de renseignements pour radicalisation. Son casier judiciaire était vierge.

- Des complices ? -

A ce stade, "aucun élément" ne montre de complice à l'intérieur de l'usine, a souligné le procureur. Mais de nombreuses questions demeurent sur d'éventuelles complicités extérieures, a-t-il relevé.

Ce nouvel attentat a suscité nombre de réactions en France et à l'étranger, comme en Allemagne et en Espagne qui ont affirmé leur unité "contre la haine aveugle du terrorisme" et la "barbarie".

La principale instance représentative de l'islam de France, le Conseil français du culte musulman, a condamné l'attaque et appelé "l'ensemble de la communauté nationale à la vigilance, à l'unité et à la solidarité".

L'ancien président français Nicolas Sarkozy, à la tête de l'opposition de droite à M. Hollande, et la chef de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, ont eux réclamé des mesures rapides pour, selon Mme Le Pen, "terrasser l'islamisme".

Les autorités françaises redoutaient de nouveaux attentats après les sanglantes attaques commises par trois jihadistes qui ont fait 17 morts début janvier à Paris.

Cette crainte s'était renforcée après l'arrestation en avril d'un étudiant algérien, Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'un projet d'attaque contre une église à Villejuif, près de Paris.

La France s'est dotée cette semaine d'un nouvel arsenal controversé renforçant les capacités légales d'écoute de ses services de renseignement.

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