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27/06/2015 14:12 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Attentat en France : le suspect a envoyé un égoportrait avec la tête de la victime

L'homme soupçonné d'avoir commis un attentat contre une usine dans le sud-est de la France et d'avoir décapité son patron s'est pris en photo avec la tête de la victime, ont révélé des sources proches du dossier.

Yassin Salhi, 35 ans, a envoyé l'image à un numéro de téléphone canadien par le biais de l'application WhatsApp. Mais le numéro pourrait n'être qu'un numéro de relais. Les autorités tentent de retracer le destinataire du message.

Le porte-parole du ministre de la Sécurité publique du Canada Steven Blaney a indiqué à La Presse Canadienne que le Canada était impliqué dans l'enquête française.

Jean-Christophe de Le Rue a confirmé que les autorités canadiennes « [assistent] les autorités françaises dans leur enquête », sans fournir plus de détails.

Ni la porte-parole du ministre des Affaires étrangères, ni la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n'ont répondu aux demandes d'entrevue.

Arrêté vendredi alors qu'il tentait de faire exploser une usine de gaz industriels de la région de Lyon, deuxième ville de France, Yassin Salhi était toujours interrogé samedi soir par les enquêteurs.

Sa garde a vue a été prolongée, de même que celles de sa femme et de sa soeur, également arrêtées vendredi.

Le corps décapité d'Hervé Cornara, 54 ans, chef d'une entreprise de transport où travaillait le suspect, avait été retrouvé sur le lieu de l'attentat.

Les enquêteurs se demandent notamment si Yassin Salhi n'a pas décapité son patron après l'avoir tué. L'autopsie n'a pas encore permis de l'établir, mais a cependant montré des traces de strangulation.

Yassin Salhi, père de trois enfants, est présenté comme ayant un profil discret.

Selon les autorités, il s'est présenté au volant d'un véhicule utilitaire tôt vendredi devant l'usine de gaz industriels de la société américaine Air Products, à Saint-Quentin Fallavier, en Isère. Habitué des lieux, il a pu pénétrer sans difficulté sur le site, classé sensible.

Puis il a projeté son véhicule sur un hangar, provoquant une violente explosion, mais sans faire de blessés. Les pompiers dépêchés sur place sont parvenus à le maîtriser alors qu'il tentait de déclencher une deuxième explosion.

Le suspect a des liens avec la mouvance salafiste et avait été fiché en 2006 pour radicalisation. Son casier judiciaire est vierge.

Les policiers ont mené une perquisition à son domicile, et ont saisi ordinateur, tablette et téléphone portable.