NOUVELLES
27/06/2015 19:34 EDT | Actualisé 27/06/2016 01:12 EDT

Attentat en France: le Canada assiste Paris dans l'enquête

Le Canada collabore à l'enquête de la France pour tenter de retrouver le destinataire d'un selfie envoyé par Yassin Salhi, soupçonné d'avoir décapité vendredi un chef d'entreprise avant de commettre un attentat près de Lyon (sud-est), a-t-on appris samedi auprès du ministère de la Sécurité publique.

"Bien que je ne puisse pas commenter les aspects opérationnels de la sécurité nationale, je peux dire que nous assistons les autorités françaises en lien avec leur enquête", a indiqué Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole du ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney.

Yassin Salhi aurait envoyé un autoportrait avec la tête de sa victime via l'application de messagerie instantanée WhatsApp vers un numéro canadien, selon des sources de l'enquête en France.

La localisation du contact de Yassin Salhi n'est toutefois pas établie, le détenteur du numéro canadien pouvant être à l'étranger, comme par exemple en Syrie ou dans un autre pays, selon les mêmes sources. Ce numéro peut également être un simple relais avant un rebond vers une autre destination.

Au Canada, aucune précision n'a été donnée sur le type d'assistance fournie aux enquêteurs français mais les pouvoirs de la police peuvent permettre de tracer les appels ou localiser un téléphone par son numéro.

"Le premier devoir d'un gouvernement est d'assurer la sécurité de ses citoyens", a insisté le porte-parole de Steven Blaney en rappelant que "les terroristes jihadistes constituent une menace bien réelle".

Le Canada fait face également à la radicalisation de jeunes et les derniers chiffres faisaient état d'une centaine de jeunes partis rejoindre les combattants du groupe Etat islamique en Syrie.

A l'automne, le Canada a subi deux attaques mortelles contre des militaires dont le plus spectaculaire devant le Parlement à Ottawa. L'auteur qui avait revendiqué son geste dans un court message vidéo sur son téléphone quelques minutes avant de tuer un militaire de faction devant le monument aux morts, avait ensuite été abattu dans le Parlement où il venait de pénétrer.

Face à ces attaques et aux départs de jeunes radicalisés vers la Syrie, le gouvernement a adopté une loi antiterroriste donnant plus de moyens aux policiers pour "arrêter les individus soupçonnés d'être des terroristes avant qu'ils ne s'en prennent à des Canadiens", a ajouté M. de Le Rue.

mbr/tll