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26/06/2015 09:53 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

UE/migrants: accord "décevant" pour un responsable de l'ONU

Les engagements européens envers les demandeurs d'asile restent "décevants", a estimé vendredi le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour les migrations, Peter Sutherland, dénonçant également les projets d'opération navale contre les passeurs.

La proposition de la commission européenne de répartir des demandeurs d'asile arrivés en Italie et en Grèce était "louable", et "des progrès" ont été réalisés lors du conseil européen jeudi à Bruxelles, a déclaré M. Sutherland à la presse à Rome.

Avec un projet de répartir 40.000 demandeurs d'asile présents en Italie ou en Grèce ainsi que 20.000 Syriens et Erythréens des camps du HCR, l'UE a "mis la barre bas pour commencer", a-t-il estimé.

"Et même à ce niveau bas, l'accord ne porte que sur une répartition sur la base du volontariat, ce que je trouve décevant", a-t-il ajouté, rappelant qu'avec plus de 500 millions d'habitants, l'Union européenne pouvait absorber plus que quelques dizaines de milliers de personnes.

De plus, la mission navale de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée, lancée officiellement lundi à Luxembourg "ne résout pas le problème", a estimé M. Sutherland.

"Imaginons que tout le trafic soit bloqué sur la Méditerranée, en quoi cela aide les migrants ? Ils essaient juste de s'enfuir. Faire croire qu'envoyer des équipes faire sauter ou couler des bateaux représente une solution militaire à un problème humain, c'est n'importe quoi", a-t-il lancé.

Dans un monde où les écarts de richesses ne cessent de se creuser, où l'information sur ces différences parvient aux plus pauvres et où les moyens de transport leur permettent de se déplacer, "l'immigration va rester une question de politique publique majeure pour longtemps", a-t-il prévenu.

Le problème "ne va pas cesser et y faire face est une obligation humanitaire et morale", a insisté M. Sutherland.

Le conseiller de Ban Ki-moon était en visite à Rome pour discuter de la situation des migrants avec des responsables et rencontrer vendredi matin le pape François, qui a exprimé "son souci permanent pour cette question".

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