NOUVELLES
26/06/2015 12:00 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

UE: Cameron échoue à imposer le débat sur un "Brexit" à ses homologues

David Cameron espérait profiter du sommet européen à Bruxelles pour renégocier les conditions d'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE, mais il a été confronté au manque d'enthousiasme de ses homologues qui ont renvoyé le débat à la fin de l'année.

"Clairement ces discussions (avec l'UE) vont demander ténacité et patience", a reconnu le Premier ministre britannique lors d'une conférence de presse après deux jours de sommet à Bruxelles.

"Tous les problèmes ne seront pas résolus facilement, mais je suis confiant sur le fait que nous déboucherons sur une série importante de réformes", a-t-il ajouté.

David Cameron qui, après sa confortable réélection en mai, a réaffirmé sa promesse d'organiser d'ici fin 2017 un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne, a fait le tour des 27 capitales ces dernières semaines pour exposer son projet.

Le chef de gouvernement conservateur veut défendre le maintien de son pays dans l'UE, mais seulement s'il obtient des réformes importantes dont certaines, clame-t-il, nécessitent de changer les traités fondateurs de l'Europe. Il en est ainsi de la question des aides sociales aux immigrés originaires de l'UE, ce qui, selon ses détracteurs, mettrait en péril une valeur fondamentale européenne: la liberté de circulation.

M. Cameron espérait enfoncer le clou lors de ce sommet, le premier depuis sa réélection. Mais la crise grecque et un débat houleux sur les migrants ont éclipsé sa prestation, jeudi soir lors du dîner des dirigeants à Bruxelles.

De fait, son intervention n'aura duré que quelques minutes. Car les 27 chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas fait montre "d'un énorme appétit pour une longue discussion complète", selon un diplomate. La veille, un diplomate avait estimé qu'ils l'écouteraient "poliment".

Et dans le texte de conclusions finales, le sujet n'occupe que deux lignes. "Le Premier ministre du Royaume-Uni a exposé ses projets pour un référendum (in/out) en Grande-Bretagne. Le Conseil européen a décidé de revenir sur cette question en décembre".

- 'Pas bradées' -

Cette semaine, un groupe de travail dirigé par un ancien directeur général de la Commission européenne connaissant par coeur les arcanes bruxelloises et londoniennes, le Britannique Jonathan Faull, a été mis en place par Jean-Claude Juncker. Il suivra les négociations, qui démarrent donc au niveau technique, entre experts.

"Les discussions sur une renégociation de la Grande-Bretagne vont maintenant démarrer. C'est la première étape d'un processus qui sera plus long", a expliqué le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Mais, a ajouté M. Tusk, "une chose doit être bien claire dès le début: les valeurs fondamentales de l'Union européenne ne peuvent être bradées et sont non négociables". "Nous devrons examiner les inquiétudes britanniques, mais seulement d'une façon qui sera sûre pour toute l'Europe."

"La Grande-Bretagne a le droit d'obtenir cette renégociation et ce référendum", avait insisté M. Cameron à son arrivée à Bruxelles. A la fin de ce processus, la Grande-Bretagne devrait jouir d'un statut de membre de l'UE qui sera "nouveau et différent", a-t-il prédit vendredi, "un statut qui sera meilleur pour la Grande-Bretagne et meilleur pour l'Europe".

Le président du Parlement européen, le socio-démocrate allemand Martin Schulz, a toutefois été catégorique: "Des changements de traités sont très difficiles et le gouvernement britannique ne devrait pas exclusivement se concentrer sur les changements de traités", a-t-il souligné.

Selon des sources officielles britanniques, David Cameron souhaite des négociations avec l'UE couvrant quatre domaines: des engagements sur la compétitivité, des garanties de protection pour les non membres de la zone euro, d'autres sur la souveraineté. Il veut aussi pouvoir limiter l'accès à certaines prestations pour les migrants intra UE.

kah-axr/cb/fpp