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26/06/2015 01:12 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

RDC : l'État appelé à révéler les conditions d'une cession minière

Le Centre Carter, fondation de l'ancien président américain Jimmy Carter, a appelé vendredi les autorités de Kinshasa à dévoiler les conditions dans lesquelles s'est faite la cession d'un permis minier par la compagnie publique Gécamines à une filiale du groupe suisse Glencore.

L'ONG "presse le gouvernement de la République démocratique du Congo de révéler les termes de l'accord par lequel la compagnie publique minière Gécamines a perdu sa participation dans Kawama, concession potentiellement riche" en cobalt et en cuivre, selon un communiqué.

La transaction à laquelle fait référence le Centre Carter a été révélée mercredi par l'agence de presse Bloomberg.

Elle concerne l'acquisition par Mutanda Mining d'une concession enclavée dans celle de cette entreprise de production de cuivre et de cobalt au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

"Je confirme : oui, nous avons acquis" ce permis, a déclaré à l'AFP Charles Watenphul, porte-parole de Glencore.

Ce groupe minier et de négoce des matières premières détient 69% de Mutand Mining, les 31% appartenant à Fleurette Group, propriété de l'homme d'affaire israélien Dan Gertler.

Proche du président congolais Joseph Kabila, M. Gertler est soupçonné d'avoir acquis, comme bien d'autres, un certain nombre de concessions minières en RDC dans des conditions opaques.

Selon Bloomberg, la concession Kawama a été acquise auprès d'une société commune dans laquelle la Gécamines détient une participation minoritaire.

Interrogée par l'AFP, Fleurette Group n'a pas souhaité faire de commentaire.

De source proche du dossier, on indique que Glencore, en tant que partenaire majoritaire de Mutanda Mining a le "contrôle opérationnel" de la gestion de cette entreprise.

La législation congolaise impose que toute cession des ressources naturelles de l'État soit publiée sous deux mois par le gouvernement. Réalisée en février, la vente de la concession Kawama n'a été connue que grâce aux révélations de Bloomberg.

Aucune réaction officielle n'a pu être obtenue après l'annonce de cette cession.

La RDC a été admise en juillet 2014 comme membre à part entière de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), qui développe "une norme mondiale visant à promouvoir une gestion ouverte et responsable des ressources naturelles".

Faute d'avoir obtenu suffisamment d'informations sur une cession de parts dans une entreprise minière appartenant au portefeuille de l'État congolais, le Fonds monétaire a suspendu en 2012 une ligne de crédit qu'il avait accordé à la RDC en 2009 et qui a périmé depuis lors.

mj/jh