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26/06/2015 06:13 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Le retour des entreprises européennes en Russie sera "difficile", selon un conseiller de Poutine

Revenir en Russie sera "difficile" pour les entreprises européennes, après avoir perdu des parts de marché "significatives" au profit de concurrents asiatiques, à cause des sanctions entre l'Occident et Moscou, a estimé vendredi un conseiller du Kremlin dans la presse allemande.

"Je pense que les relations à l'échelon politique peuvent être réparées et qu'elles le seront inévitablement. En ce qui concerne l'économie, la situation est malheureusement bien plus difficile", a déclaré Andreï Beloousov, conseiller économique du président Vladimir Poutine, dans un entretien accordé au quotidien conservateur Die Welt.

"Les entreprises et pays européens ont déjà perdu des parts significatives sur le marché russe. Les regagner est assez difficile. Car les sanctions ont forcé la Russie à se tourner vers de nouveaux partenaires à l'Est", a-t-il assuré.

Toutefois, les grands groupes et investisseurs européens "ne quittent pas la Russie" complètement, a nuancé M. Beloousov. Selon lui, nombre d'entre eux "expriment maintenant le projet d'augmenter leur production en Russie", à défaut de pouvoir exporter.

"Nous essayons d'aider à cela, parce que nous comprenons que les connexions avec l'Europe sont décisives pour nous", a ajouté le conseiller.

Les sanctions mutuelles prises par les Occidentaux et Moscou à cause de la crise ukrainienne sont un sujet récurrent en Allemagne.

De grands groupes comme l'équipementier sportif Adidas ou le poids-lourd de la distribution alimentaire Metro conservent une part importante de leur activité en Russie. Le numéro un mondial de la chimie BASF, propriétaire du pétrolier Wintershall, a aussi souffert de l'annulation du projet de gazoduc South Stream par Gazprom, qui a aussi annulé subitement un vaste échange d'actifs prévu avec l'Allemand.

Critiqué par certains entrepreneurs, Berlin relativise. L'Allemagne est traditionnellement le premier partenaire commercial européen de Moscou, mais pour la première économie européenne la Russie n'est que le dixième marché à l'export.

Au plus haut depuis la guerre froide, les tensions entre Européens, Américains et Russes semblent devoir perdurer. L'Union Européenne a formellement prolongé en juin les sanctions à l'égard de Moscou jusqu'à fin janvier 2016. Le Kremlin a répliqué en étendant l'embargo sur les produits alimentaires occidentaux jusqu'à juin 2016.

"La balle est clairement dans le camp des Européens. Ce n'est pas nous qui avons commencé avec les sanctions, et ce n'est donc pas non plus à nous de les lever", a commenté M. Beloousov.

rfo/maj/ia

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