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26/06/2015 16:36 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

"Le Brésil peut devenir comme la Grèce", selon le président de la Chambre des députés

Le Brésil, avec son économie stagnante et une inflation élevée, "peut devenir comme la Grèce s'il ne fait pas un travail correct", a averti vendredi le président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha.

Le parlementaire estime que le pays doit se pencher sur les risques financiers auxquels sont confrontés ses États et les villes, issus du système de distribution du revenu fiscal et qui pourraient les conduire au défaut de paiement.

"Si nous n'en parlons pas et nous ne montrons pas que le Brésil pourrait devenir comme la Grèce, alors oui, c'est ce qui va finir par arriver", a souligné M. Cunha lors d'une conférence avec la presse étrangère à Rio, avant de minimiser les similitudes entre les deux pays.

Le Brésil, première économie d'Amérique latine, entame sa cinquième année de croissance faible, voire nulle, accompagnée d'une dépréciation de sa monnaie, le réal, tandis que l'inflation devrait atteindre 9% à la fin 2015, selon la Banque centrale.

M. Cunha, du parti PMDB (centre) qui fait partie de la coalition gouvernementale, a remporté une bataille politique clé en étant élu cette année comme président de la chambre basse contre le candidat du Parti des travailleurs (PT-gauche) au pouvoir.

Depuis, cet homme politique polémique et ultra-conservateur, qui fait l'objet d'une enquête dans le cadre du scandale de corruption au sein du groupe pétrolier Petrobras, s'est opposé à plusieurs initiatives du gouvernement.

Il défend d'une main de fer l'indépendance du législatif et oblige l'exécutif, qui n'a pas la majorité au Congrès, à négocier beaucoup plus que dans le passé avec ses alliés, comme en témoigne l'approbation difficile du programme d'ajustement budgétaire, nécessaire à la relance de la croissance selon le gouvernement.

Évangélique, il est favorable à la réduction de l'âge de la majorité pénale de 18 à 16 ans, projet actuellement en débat au Parlement, "dans le but de réduire le sentiment d'impunité" parce que selon lui il n'y a pas d'autres moyens de mettre fin à la violence.

Le gouvernement, l'Église catholique, l'ONU et divers groupes de défense des droits de l'Homme s'y opposent.

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PETROBRAS - PETROLEO BRASILEIRO