NOUVELLES
26/06/2015 14:39 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

La proposition des créanciers "ne peut être acceptée"(gouvernement grec)

Le dernier plan de renflouement proposé à la Grèce par ses créanciers, en échange d'efforts budgétaires, "ne peut être accepté" car il contient des mesures "récessives" et un programme de financement sur cinq mois "tout à fait insuffisant", selon une source gouvernementale grecque.

"La proposition des institutions (UE, FMI) au gouvernement grec était de légiférer immédiatement sur des mesures profondément récessives (...) en tant que condition d'un financement sur cinq mois, cependant tout à fait insuffisant", a déploré le gouvernement grec vendredi dans une note à la presse.

Une offre, prévoyant une prolongation de cinq mois du programme d'aide dont bénéficie la Grèce et un paquet d'au moins 12 milliards d'euros à verser en quatre temps jusqu'en novembre, a été faite par les Européens et le FMI, selon un document qui a fuité vendredi.

La note du gouvernement grec confirme le détail de cette proposition qui prévoit notamment de verser à Athènes 1,8 milliard d'euros en urgence, moyennant un vote du Parlement grec, pour éviter le défaut de paiement au 30 juin, date à laquelle la Grèce doit rembourser un prêt de quelque 1,5 milliard d'euros au Fonds monétaire international.

Une partie des 12 milliards serait ensuite versée en fonction de la mise en oeuvre concrète des mesures votées.

"Il est évident que la proposition des institutions, même sans prendre en compte les mesures récessives et socialement destructrices qu'elle prévoit, laisse un important trou de financement pour la période d'extension de cinq mois (du programme d'aide, ndlr) et, encore plus inquiétant, mènerait à une nouvelle négociation difficile, et un nouveau mémorandum (d'austérité, ndlr) à la fin de l'année", affirme le gouvernement dans son texte.

L'argumentaire développé par le gouvernement dans cette note est que chacune des tranches prévue jusqu'à novembre ne servira qu'à rembourser différentes échéances dues au créanciers jusqu'à cette date: 4 milliards d'euros prévue d'ici mi-juillet se répartiront entre le remboursement d'obligations détenues par la BCE (3,5 milliards) et la contribution aux fonds structurels européens (500 millions) ; 4,7 milliards début août, également destinés à rembourser la BCE et 1,5 milliard en octobre pour payer le FMI.

Conséquence, en déduit la partie grecque: "la proposition ne contient par la moindre liquidité" pour l'Etat, et ne compense pas le refus, jugé probable par les Grecs, que le FMI ne verse pas les prêts prévus initialement jusqu'en mars 2016 puisque "la dette publique grecque ne sera pas jugée soutenable".

Autre grief des Grecs: le montant de 12 milliards d'euros ne tient pas compte du fait que l'Etat grec, qui attend depuis près d'un an le feu vert des créanciers au versement d'une aide prévue dans son programme d'assistance internationale, a accumulé des impayés et subi une hausse de son taux de refinancement.

Le gouvernement déplore enfin que sa proposition d'un échange des 27 milliards d'euros d'obligations grecques détenues par la BCE, dont une partie arrive à échéance cet été, via un échange de titres avec le Mécanisme européen de stabilité (MES, dispositif de gestion des crises financières de la zone euro), soit refusée par les créanciers alors qu'elle lui permettrait de bénéficier du programme "d'assouplissement quantitatif" de la BCE, lui apportant une bouffée d'air financière.

smk/od/fpp