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26/06/2015 16:13 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

L'UA demande à Londres la libération "immédiate" du général Karake

L'Union africaine (UA) a appelé vendredi à la libération "immédiate et inconditionnelle" du chef des services secrets rwandais Emmanuel Karenzi Karake, arrêté en Grande-Bretagne, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie rwandaise après une réunion avec les membres de l'UA.

Le général Karenzi Karake, dit "KK", avait été arrêté le 20 juin par la police britannique à l'aéroport de Heathrow à la demande de l'Espagne.

La justice britannique a accordé jeudi la liberté sous caution à M. Karake, alors que le président rwandais dénonçait "l'arrogance" de l'Occident.

Lors d'une audience devant un tribunal londonien jeudi, le général Karake, personnalité clé du régime rwandais, a refusé d'être remis à l'Espagne et sera libéré dès que sa caution d'un million de livres (1,40 million d'euros) aura été versée.

Il devra séjourner dans une résidence à Londres, autre que l'ambassade de son pays, et devra se présenter une fois par jour à la police. L'audience devant statuer sur son extradition se tiendra les 29 et 30 octobre.

Des membres du Conseil de paix et de sécurité de l'UA se sont entretenus vendredi avec la chef de la diplomatie rwandaise Louise Mushikiwabo.

"Cet entretien a débouché sur un appel urgent en faveur d'une libération immédiate et inconditionnelle du général Karenzi", a déclaré Mme Mushikiwabo devant des journalistes.

Le général rwandais est mis en cause en Espagne pour des "crimes de terrorisme" en lien avec la mort ou la disparition de neuf espagnols, dont trois travailleurs humanitaires de Médecins du Monde en janvier 1997.

Les autorités espagnoles ont formellement demandé à Londres de leur remettre le général Karake, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le juge en charge du dossier, "a fait une demande formelle, le mandat d'arrêt (le visant) avait été délivré en 2008 et maintenant, après sa capture, l'ordre de détention et de remise traduit à l'anglais a été transmis au Royaume Uni", a déclaré cette source à l'AFP.

Le général faisait partie du cercle très restreint des chefs militaires de haut rang du Front patriotique rwandais (FPR), ancienne rébellion majoritairement tutsi dirigée par Paul Kagame, qui a mis fin au génocide de 1994 et dirige le pays depuis lors.

Depuis Kigali, le président Kagame a remis en question le droit du Royaume-Uni d'interpeller M. Karake sur la base du mandat d'arrêt émis par l'Espagne.

"L'arrestation du chef des services de renseignement du Rwanda est basée sur l'arrogance absolue et le mépris" de l'Occident, a-t-il accusé jeudi lors d'un discours très virulent.

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