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26/06/2015 16:13 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

L'ONU demande "un message d'espoir" aux groupes rivaux libyens réunis au Maroc

L'émissaire onusien Bernardino Leon a réclamé "un message d'espoir" de la part des groupes rivaux libyens réunis au Maroc dans l'optique de signer un accord sur un gouvernement d'union, en réponse aux "attaques horribles" survenues vendredi, dont celle de Sousse en Tunisie.

"J'espère que nous pourrons travailler dans les prochains jours pour trouver un accord de paix qui permettra une solution pour la Libye et enverra aussi un message important d'espoir", a déclaré devant la presse M. Leon.

"Tous les représentants libyens et ceux de la communauté internationale veulent envoyer un message de solidarité aux quatre pays qui ont souffert", a-t-il ajouté, en référence aux attentats sanglants survenus vendredi en Tunisie, en France, au Koweït et en Somalie.

"Ce sont des attaques horribles, et la Libye connait ce genre d'attaques chaque jour. On doit en terminer avec cette situation, on doit trouver un accord", a encore clamé le diplomate espagnol.

En proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye compte deux gouvernements et deux Parlements qui se disputent le pouvoir, l'un à Tripoli, et l'autre à Tobrouk (est), reconnu par la communauté internationale. Les forces rivales s'opposent quotidiennement dans plusieurs localités, faisant des centaines de morts depuis juillet 2014.

Les délégations des deux Parlements rivaux sont de nouveau rassemblés à Skhirat, une station balnéaire du nord-ouest du Maroc, pour tenter d'arracher un accord sur la base d'un quatrième texte, soumis début juin par l'ONU aux parties.

Après une première rencontre jeudi soir, Bernadino Leon s'est de nouveau entretenu vendredi après-midi avec les membres du Congrès général national (CGN, dit Parlement de Tripoli), a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon le porte-parole de la mission de l'ONU en Libye (Manul), Samir Ghattas, il devait en faire de même en soirée avec ceux du Parlement de Tobrouk, dont certains membres manquent encore à l'appel.

"Les deux délégations vont présenter --ou continuer de présenter-- leurs observations sur le dernier projet d'accord", a-t-il dit.

Les Parlements rivaux ont tous deux adopté, au cours des 15 derniers jours, une version amendée de ce document qui prévoit notamment la formation pour un an d'un gouvernement d'union, avec la désignation d'un Premier ministre.

"Nous nous approchons d'une solution. Le fait que tous les participants aient accepté le quatrième document soumis comme base d'une solution finale est très encourageant", avait estimé jeudi soir Bernardino Leon.

Un responsable de la délégation du CGN, Saleh al-Makhzoum, a assuré que sa délégation était "consciente de la lourde responsabilité pesant sur ses épaules" et émis le souhait de négociations directes, "en face-à-face", avec la délégation de Tobrouk, "afin de parvenir à un consensus".

Les délégations sont sous la pression de la communauté internationale, inquiète notamment de l'implantation grandissante du groupe Etat islamique en Libye.

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