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26/06/2015 05:42 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Japon/défense: des députés de droite appellent à limiter la liberté de la presse (Asahi)

Des députés du parti de droite du Premier ministre japonais Shinzo Abe ont appelé à réduire les revenus publicitaires de certains journaux opposés à la nouvelle politique de défense du gouvernement, a rapporté vendredi le quotidien Asahi Shimbun.

Près de 40 députés du Parti libéral-démocrate (PLD) se sont réunis jeudi au siège de la principale formation de la coalition au pouvoir et certains ont réclamé des sanctions financières contre les médias hostiles à la réforme de la politique de défense prônée par M. Abe, précise l'Asahi, journal qui campe dans l'opposition.

"Si on veut punir les médias, le meilleur moyen est de couper leurs revenus de la publicité", a plaidé un député non identifié du PLD devant l'assemblée réunie à huis clos, selon l'Asahi qui citent des participants.

Ces derniers ont également exhorté la principale fédération patronale du Japon, le Keidanren, à exercer des pressions financières sur les médias critiquant les projets de loi gouvernementaux sur la sécurité du Japon, ajoute l'Asahi.

Sous le feu de vives critiques de l'opposition, M. Abe a assuré qu'il n'était pas au courant des propositions controversées du groupe de députés du PLD.

"La liberté de la presse est la base de la démocratie. Respecter cette notion est une évidence", a souligné le Premier ministre.

Pris entre l'alliance américaine, la Constitution pacifiste et son opposition politique, Shinzo Abe peine à imposer les impopulaires réformes qui lui permettraient de renforcer le rôle militaire du Japon sur la scène internationale.

Le Parlement a prolongé lundi la session en cours jusqu'au 27 septembre - une durée record - afin de continuer à débattre des projets de loi qui visent à redéfinir les règles d'engagement de l'armée nippone en dehors de l'Archipel.

La réforme doit autoriser les Forces d'autodéfense nippones - le nom officiel de l'armée - à venir en aide à un allié, en premier lieu les Etats-Unis, dans le cadre de "l'interopérabilité" des forces, même si le Japon n'est pas directement attaqué.

Mais cette évolution, applaudie par Washington qui réclame depuis longtemps que Tokyo assume un rôle plus actif au sein du traité de sécurité nippo-américain, rencontre une forte opposition dans un pays encore profondément pacifiste.

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