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26/06/2015 14:15 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

France: un homme décapite son employeur et attaque une usine de gaz industriels

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER, France - Un homme autrefois signalé pour ses liens avec des islamistes radicaux français a décapité son patron, puis a dirigé une voiture dans l'entrée d'une usine de gaz industriels dans le sud-est de la France, provoquant une explosion qui a fait deux blessés.La tête de la victime a été suspendue sur une clôture à l'entrée de l'usine de Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, et des drapeaux portant des inscriptions arabes ont été retrouvés sur les lieux. Le torse a été retrouvé près du site de l'attentat, mais la victime n'aurait pas été décapitée par l'explosion.Le suspect a été arrêté et identifié. Il s'agit de Yassine Salhi, âgé dans la trentaine. Il vivrait dans la région, à Saint-Priest, en banlieue de Lyon. Entre 2006 et 2008, il faisait l'objet d'une fiche pour radicalisation, pour ses liens présumés avec des groupes islamistes extrémistes. Sa surveillance n'avait pas été renouvelée.Le tout a commencé vers le milieu de l'avant-midi, lorsqu'un homme a dirigé une voiture dans l'entrée de l'usine de Saint-Quentin-Fallavier. Il a percuté des bonbonnes de gaz et provoqué une explosion qui a fait deux blessés, a indiqué le président français, François Hollande, alors à Bruxelles. Il est rentré d'urgence en France.Il a déclaré que les intentions de ce crime ne faisaient aucun doute. Il a par la suite haussé au niveau maximal l'état d'alerte de la région, pour les trois prochains jours. Les autorités françaises ont immédiatement ouvert une enquête sur le terrorisme.Personne n'a revendiqué la responsabilité de l'acte. La tête décapitée suspendue à l'entrée de l'usine rappelle une pratique du groupe armé État islamique, qui coupe la tête de ses otages et les expose ensuite.Trois responsables français ont affirmé que la victime décapitée était le propriétaire d'une compagnie de transport locale qui employait Yassine Salhi. Son nom n'a pas été divulgué.Plusieurs complices potentiels ont aussi été arrêtés, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Les personnes qui ont pu participer à ce crime «abject» sont en détention, a-t-il affirmé.La télévision a diffusé des images montrant la femme de Salhi être arrêtée par la police dans l'immeuble où elle vit, quelques heures après l'attaque.Le site industriel où a eu lieu l'attentat est situé au sud-est de Lyon. Il appartient à Air Products, une compagnie américaine de produits chimiques basée à Allentown, en Pennsylvanie.La compagnie a confirmé que tous ses employés avaient été localisés et évacués, mais n'a pas dit si certains étaient blessés.«Le site est sécuritaire. Nos équipes d'intervention en cas de crise et d'urgence ont été déployées et travaillent de près avec les autorités concernées», a indiqué la compagnie.Les autorités croient que le suspect a mal calculé la réaction des explosifs sur lesquels il a foncé. M. Hollande croit qu'il voulait provoquer une explosion majeure.Cet attentat ravive les douloureux souvenirs de l'attentat des locaux du journal Charlie Hebdo et d'un supermarché cachère, qui a fait un total de 20 morts en janvier. La France est en état d'alerte depuis.Aux États-Unis, le Pentagone a dénoncé l'attaque, tout comme le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. L'Espagne a haussé son niveau d'alerte terroriste à quatre sur cinq.