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26/06/2015 06:27 EDT | Actualisé 26/06/2015 10:36 EDT

FestivalJazz2015: «West Trainz» et ses passagers de rue (PHOTOS)

Jean Francois Cyr

Après des années et des années d’aventure aux quatre coins de la planète, le projet West Trainz est maintenant devenu réalité. Celui-ci propose d’abord un ensemble de pièces musicales inspirées de l’univers ferroviaire et des voyages du musicien Erik West-Millette.

Or, West Trainz c’est plus qu’un livre-album de collection renfermant deux CD. C’est aussi un convoi savamment patenté sur lequel joueront cinq musiciens durant le Festival international de jazz de Montréal (FIJM). Dit autrement, c’est un mini train constitué de chariots porteurs de sculptures-instruments. On pourra ainsi croiser au centre-ville ce semblant de char allégorique conçu pour un spectacle ambulatoire. Rencontre.


Galerie photoFestival de Jazz de Montréal : «West Trainz» Voyez les images


Le nom de famille West provient du sud des États-Unis. Millette, quant à lui, origine du Québec. Déjà cette information donne une couleur au musicien, qui a la mixité dans le sang.

Pour le reste, Erik West-Millette est un multi-instrumentiste très polyvalent qui a collaboré à une myriade d’enregistrements variés tout comme à une cinquantaine d’albums. Compositeur de musique de film et de théâtre, il a notamment remporté en 2013 le Jutra de la Meilleure musique originale pour Camion, du jeune cinéaste Rafaël Ouellet. Il a également travaillé comme arrangeur ou réalisateur pour

plein d’autres artistes. Que ce soit en studio ou en tournée, il a donné des coups de main à Doctor John, Harry Vans Walls, Bob Dylan, Bia, Nanette Workman, Marie-Jo Thério, Richard Séguin, Betty Bonifassi, Lhasa de Sela, Jordan Officer ou encore Thomas Hellman.

Notons qu’Erik West-millette cogite quelques autres projets audiovisuels, dont un imposant projet sur lequel travaille entre autres le cinéaste Louis Bélanger). Ce projet est en quelque sorte l’étape numéro trois de West Trainz.

La genèse

« Je suis aussi allé étudier en Russie et en Allemagne, à partir de 22 ans. J’ai décidé de prendre l’Orient Express, en Europe de l’Est, raconte Erik West-Millette. Je me suis rendu en Russie. Déjà, je ramassais des billets de trains et autres artefacts. J’ai commencé à recueillir des affaires comme ça. Quelques années plus tard, j’ai eu le privilège de faire beaucoup de tournées. Quand c’était terminé, mes instruments revenaient à Montréal et moi, j’en profitais pour revenir en solitaire à bord des trains. Avec un DAT portatif (digital audio tape) et mon appareil photo argentique, je m’amusais. J’enregistrais des sons et prenais des images. À mon retour, je faisais des mélodies, des bouts de partitions. J’avais dans la fin vingtaine à cette époque (il a aujourd’hui 48 ans).

C’est le début du projet West Trainz, qui a finalement pris une vingtaine d’années avant de se concrétiser de manière tangible en 2015, avec la précieuse aide de Louis-Armand Bombardier, président de la boîte montréalaise de développement culturel L-abe. Marie-Ève Vigor a aussi travaillé comme codirectrice artistique sur ce projet. À l’intérieur du très joli livre-disque paru au mois de mai, on peut découvrir les multiples endroits visités par le musicien au fil des ans.

Les 26 morceaux du projet West Trainz portent d’ailleurs des noms de trains : New York Night Trainz, Louisiana Sunset Limited, Cuban Cigar Trainz, Trans-Sahara Express, German Ice Trainz, Trans-Mongolia, Australian Indian Pacific et bien d’autres sont alors devenus des titres de chansons.

Du livre à la rue

En plus des deux disques de musique, cet objet de collection renferme photos, récits de voyage, artéfacts récoltés au cours des années et bien d’autres trucs qui témoignent des voyages. « C’est un hommage aux grands trains express de passagers transcontinentaux, affirme West-Millette. Ça implique 24 trains différents. On peut imaginer toutes les magnifiques rencontres faites à bord des trains.

J’ai aussi fait énormément de portraits. Il suffisait parfois de prendre mon temps. De ne pas brusquer les gens », souligne West-Millette, qui adore les univers des rails et des gares.

D’ailleurs, c’est une passion familiale puisque ses deux grands-pères ont d’ailleurs travaillé comme chemineaux. Tellement passionné Erik West-Millette, que nous nous sommes volontiers égarés durant l’entretien à parler de son désir de maintenant visiter l’Inde, le Népal et le Tibet. Toujours en train, bien entendu.

Certes, le livre était la première étape de West Trainz. Mais il existe beaucoup plus, à savoir le train de rue : « Il est complètement autonome, indique Erik West-Millette. C’est une structure avec un système de son inventé. Chaque musicien, disposé sur une plateforme métallique, joue avec des instruments inventés ainsi qu’avec de vrais instruments. À travers tout ça, j’ai quelques beaux objets rapportés de mes voyages. Le tout est vitalisé pour projeter des sons et de la lumière. On va être au Festival de jazz tous les jours. C’est poétique, vivant et ça fait rêver. »

Ce train déambulatoire parcourra les rues qui traversent le quartier des spectacles dès 17 h, du 26 juin au 5 juillet, dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal.

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On peut consulter internet pour obtenir plus d’information sur l’entièrement du projet West Trainz

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