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26/06/2015 18:41 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Crise migratoire: la frontière haïtiano-dominicaine fermée au Nord (organisation religieuse)

La frontière haïtiano-dominicaine a été fermée ce vendredi entre les villes de Ouanaminthe et Dajabón a constaté le service jésuite aux migrants, à l'heure où des milliers de personnes sont expulsées de République dominicaine.

Du côté haïtien de la frontière, les barrières sont restées closes toute la journée, a indiqué à l'AFP un officier de l'organisation religieuse qui travaille depuis 1999 à l'accueil des citoyens haïtiens expulsés de République dominicaine.

Cette fermeture a notamment empêché commerçants haïtiens et dominicains de tenir leur marché hebdomadaire dans cette zone frontalière, sur la côte nord de l'île d'Hispaniola.

Haïti et la République dominicaine partagent quatre postes-frontières et celui de Ouanaminthe et Dajabón est très fréquenté car proche d'un important parc industriel et de Cap-Haïtien, la deuxième ville d'Haïti.

Contacté par l'AFP, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement haïtien, Rotchild François Junior n'était pas en mesure de confirmer la fermeture du poste-frontière.

Les relations entre les deux pays partageant une des plus grandes îles de la Caraïbe se sont aggravées suite à un changement de politique migratoire en République dominicaine.

En octobre 2013, un arrêté de la plus haute juridiction a décidé que "les enfants nés dans le pays de parents étrangers en transit n'ont pas la nationalité dominicaine", une décision rétroactive à 1929 qui a, de facto, rendu apatrides plus de 250.000 personnes, principalement nées de parents haïtiens.

Devant les contestations internationales, le gouvernement dominicain a lancé le plan national régularisation des étrangers (PNRE), pour régulariser les immigrés haïtiens installés depuis des années sur son sol et pour fournir leurs pièces d'identité aux Dominicains d'origine étrangère.

Ce programme s'est achevé le 17 juin et déjà plus de 17.000 personnes ont quitté le territoire, a annoncé vendredi Ruben Paulino le directeur général des services d'immigration.

Cet afflux de migrants et la présence d'apatrides sur son sol inquiète le gouvernement haïtien, qui n'est pas en mesure de fournir l'aide humanitaire requise.

Jeudi, le premier ministre d'Haïti a dénoncé le double langage des autorités dominicaines. "Le gouvernement dominicain dit qu'il n'a pas procédé au rapatriement formel et officiel mais nous recevons des Haïtiens dans le cadre de la politique migratoire de la République dominicaine. C'est le constat et la réalité," regrette Evans Paul.

L'Etat haïtien a demandé l'aide de la communauté internationale pour résoudre le cas des apatrides expulsés vers Haïti car déchus de leur nationalité dominicaine.

amb/faa