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26/06/2015 19:28 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Crise migratoire: la frontière haïtiano-dominicaine fermée au Nord (officiel)

La frontière haïtiano-dominicaine a été temporairement fermée vendredi entre les villes de Ouanaminthe et Dajabón, a indiqué le porte-parole du gouvernement haïtien, au moment où des milliers de personnes sont expulsées de République dominicaine.

Du côté haïtien de la frontière, les barrières sont restées closes une partie de la journée.

"Le maire de Ouanaminthe a pris cette disposition à la suite d'incidents qui s'étaient produits la veille sur la frontière", a indiqué Rotchild François Junior à l'AFP, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Il a ajouté que "la situation a été rétablie et la frontière rouverte en fin de journée".

Haïti et la République dominicaine partagent quatre postes-frontières et celui situé entre Ouanaminthe et Dajabón est très fréquenté car proche d'un important parc industriel et de Cap-Haïtien, la deuxième ville d'Haïti.

Cette fermeture a notamment empêché commerçants haïtiens et dominicains de tenir leur marché hebdomadaire dans cette zone frontalière, sur la côte nord de l'île d'Hispaniola.

Les relations entre les deux pays se partageant l'une des plus grandes îles de la Caraïbe se sont aggravées après un changement de la politique migratoire en République dominicaine.

En octobre 2013, un arrêté de la plus haute juridiction a décidé que "les enfants nés dans le pays de parents étrangers en transit n'ont pas la nationalité dominicaine", une décision rétroactive à 1929 qui a, de facto, rendu apatrides plus de 250.000 personnes, principalement nées de parents haïtiens.

Devant les contestations internationales, le gouvernement dominicain a lancé le plan national de régularisation des étrangers (PNRE), pour les immigrés haïtiens installés depuis des années sur son sol et pour fournir des pièces d'identité aux Dominicains d'origine étrangère.

Ce programme s'est achevé le 17 juin et déjà plus de 17.000 personnes ont quitté le territoire, a annoncé vendredi Ruben Paulino, directeur général des services d'immigration dominicains.

Cet afflux de migrants et la présence d'apatrides sur son sol inquiète le gouvernement haïtien, qui n'est pas en mesure de fournir l'aide humanitaire requise.

Jeudi, le Premier ministre d'Haïti a dénoncé le double langage des autorités dominicaines. "Le gouvernement dominicain dit qu'il n'a pas procédé au rapatriement formel et officiel mais nous recevons des Haïtiens dans le cadre de la politique migratoire de la République dominicaine", a regretté Evans Paul.

L'Etat haïtien a demandé l'aide de la communauté internationale pour résoudre le cas des apatrides expulsés vers Haïti.

amb/elm