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26/06/2015 17:09 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Côte-Nord: deux des trois blocus sont levés, une rencontre est prévue mardi

QUÉBEC - L'impasse a été dénouée sur la Côte-Nord vendredi, du moins temporairement: deux des trois blocus ont été levés en journée et des ministres du gouvernement Couillard rencontreront les élus locaux, mardi, afin de trouver une solution au problème de l'embauche de main-d'oeuvre locale.La Sûreté du Québec a confirmé que les barrages routiers sur la route 138 avaient été levés à Sept-îles, ainsi qu'à Pessamit. À Havre-Saint-Pierre, le blocus était toujours officiellement en cours en milieu d'après-midi, mais la circulation restait néanmoins fluide.Les travailleurs en colère en étaient à leur deuxième journée de blocus vendredi. Ils réclament que les entrepreneurs oeuvrant dans leur région embauchent davantage de main-d'oeuvre locale. Parmi les meneurs du mouvement figure le représentant syndical de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier.De son côté, le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, a dit qu'il allait réunir la table de concertation régionale sur la main-d'oeuvre mardi, avec son collègue du Travail, Sam Hamad. M. Arcand a discuté en matinée avec les deux députés de la région, les péquistes Marjolain Dufour et Lorraine Richard, pour planifier cette réunion, à laquelle sont conviés les élus locaux mais aussi des représentants syndicaux.«On va essayer de trouver certaines solutions», a déclaré en entrevue téléphonique M. Arcand, qui est également ministre des Ressources naturelles et de l'Énergie.Les problèmes sont nombreux dans cette région: faillite de la minière Cliff, économie régionale à renforcer, accès des travailleurs locaux aux chantiers, a expliqué le ministre. Selon lui, il faut concilier les politiques favorisant l'embauche de travailleurs locaux avec les ententes sur la mobilité de la main-d'oeuvre entre le patronat et les syndicats, dans le domaine du génie civil, de la voirie, etc.Les pistes de solution sont assez diverses, a détaillé M. Arcand, en évoquant notamment l'enjeu du navettage, aussi appelé «fly in fly out», soit ceux et celles qui viennent travailler en avion plusieurs jours ou semaines et repartent aussitôt après.«On va examiner la question du navettage, a-t-il dit. Mais aussi, comment on peut faire pour avoir des entreprises de la Côte-Nord qui soient plus susceptibles de remporter certains appels d'offres? Comment on peut améliorer la formation de la main-d'oeuvre pour que des entreprises sur la Côte-Nord soient capables de répondre davantage aux différents appels d'offres? (...) On va surtout essayer de trouver des entreprises qui vont être en mesure d'embaucher des gens de la Côte-Nord.»Pierre Arcand a dit anticiper cette rencontre avec «ouverture», dans «le dialogue et le respect», et il s'attend à un échange «assez franc».Il a dit ne pas savoir si une trêve dans le blocus avait été décrétée, mais a condamné avec fermeté le mouvement.«Il est clair que le gouvernement ne peut accepter ce genre d'action, cette espèce d'intimidation.»La Sûreté du Québec concentrait sa surveillance sur le seule barrage routier encore en cours vendredi après-midi, à Havre-Saint-Pierre. Cependant, la circulation était fluide et «se déroulait bien», a indiqué la sergente Nathalie Girard.«Je ne peux confirmer que cela achève, qu'on va intervenir ou qu'ils vont quitter. C'est une situation qu'on suit de près.»