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26/06/2015 03:03 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Côte-Nord : des manifestants de retour aux barrages

Les travailleurs en colère qui ont bloqué trois secteurs de la route 138 sur la Côte-Nord comptent accroître la pression sur le gouvernement du Québec dès aujourd'hui, selon deux leaders syndicaux. Ils réclament que les entrepreneurs embauchent davantage de main-d'oeuvre locale sur les chantiers de la Côte-Nord.

Ce matin, une douzaine de manifestants obstruent partiellement la route 138 à l'est de Sept-Îles. Quatre véhicules de la Sûreté du Québec sont présents.

La situation demeure « explosive », dit le représentant syndical de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, Bernard « Rambo » Gauthier. 

En fin de soirée jeudi, les travailleurs ont relâché la pression à deux endroits, soit à Pessamit et à Maliotenam, a confirmé le représentant de la FTQ dans la région, Bertrand Méthot.

À l'entrée du complexe du chantier hydroélectrique de la Romaine, la mobilisation reste entière, selon M. Méthot. Il indique que certains groupes devraient s'ajouter vendredi aux manifestants déjà présents.

Jeudi soir, la Sûreté du Québec se faisait avare de commentaires, affirmant simplement qu'elle surveillait de près la situation.

Tensions

À Pessamit, la Sécurité publique confirme qu'une manifestante a été heurtée légèrement par la voiture d'un automobiliste, peu avant 22 h, jeudi.

Selon la police autochtone, la manifestante a été effleurée par l'automobile, mais a quand même été transportée au centre de santé de Baie-Comeau pour une évaluation de santé.

Quant à l'automobiliste, qui a démontré de l'hostilité à la manifestation, il doit comparaître aujourd'hui au palais de justice de Baie-Comeau. Des accusations seront déposées contre l'homme, qui n'a pas été arrêté, selon la Sécurité publique de Pessamit. Il doit se présenter en cour aujourd'hui.

La FTQ dénonce l'inaction de Québec

Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a déjà affirmé qu'il assimilait ce type de blocage à de l'intimidation. Il a invité les parties à trouver un équilibre entre les droits des uns et des autres.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce l'inaction du gouvernement dans le dossier. Elle souhaite que le cri du coeur des travailleurs de la région amène le gouvernement et la Commission de la construction du Québec (CCQ) à trouver une solution rapide aux problèmes de la main-d'oeuvre locale.

De son côté, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, rappelle qu'une table de concertation régionale et une seconde table de concertation ministérielle sur la question de la mobilité interrégionale des ouvriers ont déjà été mises sur pied, mais que rien n'a été fait depuis. 

La CCQ défend la mobilité de la main-d'oeuvre

Quant à la Commission de la construction du Québec (CCQ), elle assure que l'embauche régionale demeure le principe général dans l'industrie de la construction.

« Il y a retour sur la Côte-Nord à un niveau d'activité avant [le chantier de] la Romaine, dit-elle. C'est ça qui est difficile à encaisser pour les représentants qui se sentent impuissants, pour les décideurs locaux et pour les individus. Il y a des milliers d'emplois qui sont en cause. Mais c'est quand même ma job de dire que, par exemple, 30 % des gens du Saguenay doivent travailler à l'extérieur pour gagner leur vie. C'est moins de 10 % pour les gens de la Côte-Nord. »

Lors de son passage à l'émission 24 heures en 60 minutes, jeudi, la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, a admis qu'il existe des aménagements pour permettre aux entrepreneurs qui doivent toutefois respecter les règles en vigueur.

Diane Lemieux déplore l'attitude de Bernard « Rambo » Gauthier et rappelle que la seule façon de réclamer des changements est de porter plainte. Elle affirme que la CCQ a reçu 24 plaintes dans la dernière année.