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26/06/2015 00:00 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Colère des taxis en France: Hollande condamne les violences et veut dissoudre UberPOP

Le président français François Hollande a "condamné" dans la nuit de jeudi à vendredi les "violences inacceptables" commises lors des manifestations de chauffeurs de taxi en France, estimant toutefois que UberPop devait être "dissous et déclaré illégal", au lendemain d'une journée de mobilisation émaillée de violences qui a vu près de 3.000 taxis en colère bloquer gares et aéroports pour dénoncer la "concurrence sauvage" de l'application mobile.

"Il y a des violences qui sont inacceptables dans une démocratie, inacceptables dans un pays comme la France", a déclaré le président français devant la presse lors d'un sommet européen à Bruxelles.

"UberPOP doit être dissous et déclaré illégal et la saisie des véhicules devra être prononcée et effectuée", a-t-il ajouté même si, selon lui, "ce n'est pas l'Etat qui peut saisir des véhicules lui-même", la saisie devant "être autorisée par des décisions de justice".

Auparavant, le gouvernement français avait réaffirmé sa volonté de faire fermer UberPOP.

"UberPOP est un service illégal, il doit être fermé", avait promis dans la soirée le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve après avoir reçu les syndicats de taxis.

Il a toutefois reconnu lui aussi qu'une fermeture de l'application, qui met en relation des passagers et des particuliers au volant de leur véhicule, ne pouvait résulter que d'une décision de justice.

En attendant, le ministre a demandé que les véhicules UberPOP soient "saisis lorsqu'ils sont pris en flagrant délit" et annoncé une nouvelle réunion avec les syndicats le 3 juillet.

Face à cette fermeté, les syndicats de taxi ont semblé prudents quant à la poursuite de leur grève.

"Nous conseillons aux chauffeurs de lever le camp, pour nous la grève est levée", a déclaré à l'AFP Abdel Ghalfi, de la CFDT. "Mais une partie des taxis veulent rester Porte Maillot", la place de l'ouest parisien qu'ils bloquent depuis jeudi matin, a-t-il ajouté, sans exclure de nouvelles "actions isolées".

"Si un grand nombre de taxis veulent continuer, on les soutiendra", a prévenu Karim Asnoun (CGT). Plus radical, Ibrahima Sylla, de l'organisation Taxis de France, a assuré que "les taxis restent Porte Maillot", l'une des principales entrées dans la capitale.

La place était bloquée jeudi soir par plusieurs dizaines de taxis, dans une ambiance bien plus calme que dans la matinée. Dany, 29 ans, résume le dépit des manifestants: "On nous prend pour des jambons".

Dans la matinée des taxis y ont pris d'assaut et incendié deux voitures de transport avec chauffeur (VTC) --pourtant autorisées et n'ayant rien à avoir avec UberPOP--, provoquant l'intervention des forces de l'ordre.

- Violences 'inadmissibles' -

Dans toute la France, dix personnes ont été interpellées jeudi, sept policiers blessés et 70 véhicules dégradés, selon Bernard Cazeneuve.

Condamnant des violences "inadmissibles", le Premier ministre Manuel Valls a promis que leurs auteurs, "qui se trouvent dans les deux camps", seraient "poursuivis".

Des avocats de chauffeurs UberPOP ont eux accusé les taxis de s'organiser "en milices privées" et de monter "des guet-apens".

Le groupe américain de VTC Uber conteste la constitutionnalité de la loi sur les transports routiers et a fait appel de sa condamnation à 100.000 euros d'amende pour avoir présenté UberPOP comme un service de covoiturage.

Cet appel, qui sera examiné en octobre, étant suspensif, Uber a maintenu son service à prix cassés. Son directeur général pour la France, Thibaud Simphal, a assuré qu'en attendant "UberPOP peut continuer".

Dans la capitale, les accès à la gare du Nord comme à la gare de Lyon ont été bloqués par des dizaines de voitures.

A l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, des grévistes ont fait la chasse aux chauffeurs clandestins, et à Roissy, au nord, les accès à plusieurs terminaux ont été bloqués plusieurs heures. Dans les deux aéroports, des VTC ont renversé des personnes, les blessant légèrement.

Les villes de Lyon (centre), Toulouse, Bordeaux (sud-ouest), Nice ou Marseille (sud) ont également été perturbées.

Pour Gilles Alonso, du syndicat Alliance Taxi 13, "quand on ne s'acquitte d'aucune charge sociale, c'est facile de faire des courses à 3 ou 4 euros".

Au total, 2.800 taxis ont été mobilisés en France avec une "trentaine de points de blocage", selon une source policière.

Les tweets de la chanteuse américaine Courtney Love, veuve du leader de Nirvana Kurt Cobain, on fait le buzz: "Ils frappent notre voiture avec des barres de fer. C'est la France? Je suis plus en sécurité à Bagdad. François Hollande, où est la putain de police?".

UberPOP revendique 400.000 utilisateurs en France. Mais ses chauffeurs ne payent ni cotisations ni impôts, n'ont pas suivi les 250 heures de formation nécessaires et ne sont pas assurés.

Les conducteurs non enregistrés encourent jusqu'à un an de prison, 15.000 euros d'amende, la suspension du permis et la confiscation du véhicule.

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