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26/06/2015 19:49 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Burundi: Washington suspend son aide à la commission électorale

Les Etats-Unis ont suspendu vendredi l'assistance technique qu'ils apportaient à la Commission électorale burundaise, estimant que les "conditions nécessaires à des élections crédibles" n'étaient pas réunies à l'approche des scrutins prévus lundi, a indiqué le porte-parole du département d'Etat.

Ces élections sont au coeur d'un mouvement de contestation qui secoue le pays d'Afrique de l'Est depuis plusieurs semaines en raison de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Les opposants de M. Nkurunziza jugent sa démarche anticonstitutionnelle et contraire à l'accord d'Arusha qui avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

"Les efforts continus du président Nkurunziza pour violer l'accord d'Arusha, briguer un troisième mandat et maintenir les échéances en l'absence de conditions nécessaires à des élections crédibles" ont poussé Washington à suspendre son soutien technique à la Commission électorale (Céni), a expliqué le porte-parole du département d'Etat John Kirby, dans un communiqué.

Washington est prêt à revoir sa position "si le président Nkurunziza prend des mesures concrètes pour améliorer l'environnement électoral", a-t-il poursuivi.

Ces déclarations de la diplomatie américaine interviennent après les appels du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à reporter les élections en raison du "climat politique et sécuritaire" régnant dans le pays.

Devant le Conseil du sécurité réuni en urgence pour évoquer cette crise, le représentant du Burundi auprès des Nations unies, Albert Shingiro, a toutefois affirmé vendredi que les scrutins --censés débuter lundi avec les élections communales et législatives-- seraient maintenus.

Le département d'Etat a appelé par ailleurs les différentes parties à "reprendre le dialogue pour atteindre un consensus établissant les conditions et les échéances d'élections pacifiques et crédibles".

Depuis fin avril, les violences qui ont accompagné la contestation populaire --essentiellement la répression de manifestations-- ont fait au moins 70 morts, selon une ONG burundaise de défense des droits de l'homme. Et plus de 100.000 Burundais ont fui ce climat délétère dans des pays voisins comme le Rwanda, la République démocratique du Congo ou la Tanzanie.

faa/elm