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26/06/2015 11:15 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Burundi: La Belgique exclut de reconnaître le résultat des élections

La Belgique exclut de reconnaître le résultat des élections censées débuter lundi au Burundi, estimant "impossible" qu'elles se déroulent de manière acceptable, alors que ce petit pays d'Afrique, ancienne colonie belge, traverse une crise politique majeure née de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

"Il est impossible que les élections nationales et locales lundi se déroulent de manière acceptable. C'est d'autant plus clair après que l'opposition a confirmé (jeudi) son boycott", selon une déclaration du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders lue jeudi au Parlement par un de ses collègues du gouvernement et dont l'AFP a obtenu copie vendredi.

"La Belgique ne pourra donc pas reconnaître le résultat des élections", a ajouté le chef de la diplomatie belge dans ce texte.

"J'insiste sur le fait qu'à un moment difficile de son existence, le Burundi a bien besoin d'un président et d'un parlement dont la légitimité est incontestable, ce qui ne sera pas le cas aux soirs des scrutins du 29 juin 2015 et du 15 juillet 2015 (date prévue pour la présidentielle). J'encourage donc, une fois de plus, les autorités burundaises à écouter les conseils de la communauté internationale", a ajouté Didier Reynders.

Il a regretté vendredi que "tous les messages envoyés se heurtent jusqu'à présent à un mur", selon des propos rapportés par l'agence Belga, s'exprimant de Chine où il accompagne le roi Philippe en visite officielle.

L'opposition burundaise a annoncé vendredi son boycott des élections et la société civile a appelé la population à ne pas participer à un "simulacre" électoral.

Le Burundi est secoué par une grave crise politique depuis l'annonce, fin avril, de la candidature de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, à un troisième mandat. Ses opposants jugent la démarche anticonstitutionnelle et contraire à l'accord d'Arusha qui avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

L'annonce de cette candidature a déclenché un mouvement de contestation populaire violemment réprimé par la police.

Elle a également débouché sur un putsch manqué mi-mai pendant lequel les médias indépendants ont été détruits et restent depuis empêchés d'émettre par le pouvoir.

Les violences qui ont accompagné la contestation populaire ont fait au moins 70 morts, selon une ONG burundaise de défense des droits de l'homme. Et plus de 100.000 Burundais ont fui dans des pays voisins.

siu/mad/sba