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26/06/2015 16:25 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Attentat en France: Yassin Salhi, salafiste présumé sans casier judiciaire

Yassin Salhi, soupçonné d'être l'auteur de l'attentat perpétré vendredi en France, avait été repéré par les autorités pour des liens avec la mouvance salafiste, mais ce père de famille n'avait jamais fait parler de lui pour des faits délictueux.

Né il y a 35 ans à Pontarlier, dans l'est près de la frontière suisse, d'un père d'origine algérienne et d'une mère d'origine marocaine, le suspect y avait été repéré par les services spécialisés dès les années 2005-2006. Il fréquentait alors un groupe d'adeptes de l'islam radical, sans pour autant faire de prosélytisme, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve, il était "en lien avec la mouvance salafiste". Sans casier judiciaire, il avait été fiché notamment de 2006 à 2008.

Installé depuis quelques mois à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, non loin de Saint-Quentin-Fallavier où a été commis l'attentat de vendredi, il avait trouvé du travail dans une société de transports.

Il "fait de la livraison (...) livre des cartons, des commandes, des choses comme ça", a expliqué vendredi son épouse à la radio Europe 1, avant d'être elle-même interpellée.

"On est des musulmans normaux, on fait le ramadan. Normal. On a trois enfants, une vie de famille normale", a-t-elle résumé, disant ne pas comprendre pourquoi son mari aurait commis cet attentat.

"C'était un loup déguisé en agneau", a jugé un collègue de travail interrogé par la radio RTL, Abdel Karim.

"Il m'avait déjà parlé de Daesh, pas pour m'embrigader dans quoi que ce soit mais simplement pour me demander mon avis. Quand je lui ai dit ce que je pensais, à partir de ce jour-là, c'était +Bonjour-Au revoir+".

Selon ce collègue, "c'était quelqu'un de mystérieux, mais quelqu'un de très calme à la fois. Ce n'était pas quelqu'un qui venait imposer son discours... Il était dans son coin. Quand on parlait avec lui, il répondait avec gentillesse".

Yassin Salhi "était un gamin calme, ce n'était pas un nerveux", confirme le président de la mosquée de sa ville natale de Pontarlier, Nacer Benyahia. "C'était un plaisir de l'avoir à la mosquée, il était agréable", se souvient M. Benyahia, "très choqué" par l'attentat.

D'après lui, Yassin Salhi était encore un adolescent lorsqu'il a perdu son père.

- 'Il changeait souvent d'apparence' -

Le jeune homme quitte ensuite Pontarlier pour Besançon, distante d'une soixantaine de kilomètres, où il s'installe avec son épouse et ses enfants.

En 2013, il y est à nouveau repéré par les services spécialisés pour sa fréquentation d'individus soupçonnés d'être liés à l'islam radical.

Il porte la djellaba et la barbe, ce qui laisse penser qu'il est proche des milieux salafistes, comme d'autres jeunes du secteur.

Mais il n'a pas d'activité malveillante et ne fait pas parler de lui en dehors de son apparence vestimentaire, selon une source proche de l'enquête.

Une ancienne voisine de Besançon relate que cet homme de taille moyenne aux yeux marrons et cheveux noirs changeait fréquemment d'apparence, portant tantôt une queue de cheval, tantôt le crâne rasé, comme peu avant son départ pour Lyon.

Il s'absentait souvent pour des séjours d'un à deux mois, prétextant des voyages en Suisse "pour trouver du travail", raconte cette voisine qui s'étonnait également de va-et-vient chez Yassin Salhi d'hommes "costauds" vêtus de pantalons "cargo" aux larges poches, souvent le mercredi.

Puis du jour au lendemain, "on ne se parlait plus, le contact ne passait pas", déplore-t-elle.

Fin 2014, Yassin Salhi quitte la région avec sa famille pour s'installer à Saint-Priest, dans un appartement situé au premier étage d'un petit immeuble social.

Les voisins, interrogés vendredi par l'AFP, décrivent une "famille discrète" menant une vie tranquille. "Leurs enfants jouent avec les miens, ils sont tout à fait normaux et câlins", note ainsi une femme, qui tient à garder l'anonymat.

"Il ne parlait à personne. On se disait juste +bonjour-bonsoir+", raconte un autre voisin, pour qui le suspect ne se distinguait pas non plus par sa tenue. "Il avait juste une petite barbe", selon lui.

Des témoins interrogés par l'AFP assurent également n'avoir "jamais vu" Yassin Salhi à la mosquée de Saint-Priest, pas plus qu'à celle du quartier de Besançon où il résidait auparavant.

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