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26/06/2015 06:55 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Angola : 15 opposants en détention pour "attentat" contre le président dos Santos

La justice angolaise a placé en détention provisoire 15 jeunes activistes, arrêtés lors d'un coup de filet de la police samedi et accusés de vouloir renverser le président Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis plus de 35 ans, a indiqué jeudi le parquet de Luanda.

Les 15 jeunes sont poursuivis pour "rébellion" et "attentat contre le président de la République et autres membres des organes de souveraineté", a indiqué le ministère public dans un communiqué, deux crimes passibles de 3 à 12 ans de prison selon le code pénal angolais.

Ils ont été arrêtés en marge d'une réunion dans le centre de la capitale Luanda samedi après-midi.

Ces militants, a affirmé la justice, voulaient provoquer une insurrection en installant des barricades dans les rues de Luanda et en brûlant des pneus dans des lieux fréquentés par des étrangers, dont l'aéroport, afin de renverser l'exécutif et de le remplacer par un "gouvernement de salut national".

L'affaire provoque depuis samedi de vives réactions dans le pays. Les groupes d'activistes, dont le plus connu est le "Mouvement révolutionnaire", dénoncent un abus de pouvoir de la part d'un régime qui bafoue la liberté d'expression.

Les deux principaux partis d'opposition, Unita et Casa, ont également condamné le gouvernement, demandant la libération des jeunes. Le chef de Casa, Abel Chivukuvuku, a tenté jeudi de leur rendre visite pour manifester sa solidarité et vérifier leurs conditions de détention, en vain.

Parmi les détenus, figurent notamment le rappeur Luaty Beirao, fer de lance du mouvement contestataire en Angola, et Manuel Nito Alves, emprisonné pendant plus de deux mois en 2013 pour avoir fait imprimer des tee-shirts hostiles au président dos Santos.

Depuis mars 2011, ces jeunes lancent des appels à manifester pour demander le départ du président angolais ainsi que de meilleures conditions de vie. Les manifestations sont systématiquement interdites et réprimées par la police, le plus souvent dans la violence.

Sorti de la guerre civile en 2002, l'Angola, deuxième producteur de pétrole du continent derrière le Nigeria, connaît une forte croissance économique mais plus de la moitié de sa population vit toujours avec moins de deux dollars par jour.

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