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26/06/2015 03:35 EDT | Actualisé 26/06/2016 01:12 EDT

Afrique du Sud/Marikana: Le parti de Malema déplore l'absence de toute sanction

Le parti sud-africain de gauche radicale de Julius Malema a vivement dénonce le rapport sur la tuerie par la police de 34 mineurs à Marikana en 2012, déplorant l'absence de toute sanction immédiate et promettant de faire juger et condamner les responsables politiques.

"Trente-quatre mineurs ont été massacrés sous les yeux du monde entier et il n'y a aucune recommandation de poursuite, et personne n'est tenu pour responsable", estiment les EFF (Combattants de la Liberté Economique) dans un communiqué.

Le texte a été publié dans la nuit de jeudi à vendredi après l'allocution télévisée du président Jacob Zuma qui a lu un résumé des 600 pages remises par la commission d'enquête sur Marikana après presque trois ans de travail.

Selon la version résumée par M. Zuma, la commission a cependant nettement condamné le comportement de la police, du sommet de la hiérarchie à la base, et "recommandé" qu'une enquête criminelle soit ouverte. Les politiques, ministre de la Police y compris, sont en revanche exonérés de toute responsabilité.

"Le rapport ne blame personne. Il n'appelle personne à s'excuser, et il ne recommande aucune indemnisation pour les vies perdues (...) Nous pouvons promettre à tous les Sud-Africains que les EFF ne connaîtront pas de repos jusqu'à ce que les responsables, et en particulier l'élite qui commandait la police, y compris Cyril Ramaphosa, soient poursuivis et envoyés en prison", clame le parti de M. Malema.

M. Ramaphosa, l'actuel vice-président sud-africain, était à l'époque membre du Conseil d'administration de Lonmin, l'exploitant de la mine de Marikana. Il avait plaidé auprès de ses amis ministres pour que la police intervienne.

Les EFF n'hésitent pas à comparer ce rapport à la réaction des autorités de l'apartheid après les plus notoires massacres perpétrés par la police du régime, Sharpeville (1960), Soweto (1976) ou Vaal (1984), où personne n'avait été sanctionné après la mort de manifestants noirs.

"De cette commission, nous ne pouvons que conclure qu'il en va de même sous notre régime démocratique. Trente-quatre travailleurs noirs ont été sauvagement tués en plein jour et personne ne va aller en prison, payer ou endosser la responsabilité", dit le parti de la gauche radicale.

"Ce rapport, note le communiqué, fait de ce froid soir d'hiver (austral) le plus triste depuis l'aube de la démocratie en 1994".

cpb/jlb