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25/06/2015 05:57 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Ukraine: les combats intenses peuvent reprendre, met en garde l'Otan

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a estimé jeudi qu'il y avait "un risque d'une reprise des combats intenses" dans l'est de l'Ukraine où le cessez-le-feu est régulièrement violé.

"Le conflit en Ukraine a déjà coûté plus de 6.000 vies. Les violations du cessez-le-feu continuent et il y a toujours un risque d'une reprise des combats intenses", a dit M. Stoltenberg à l'ouverture d'une réunion des 28 ministres de la Défense de l'Otan avec leur homologue ukrainien Stepan Poltorak, à Bruxelles.

"La Russie continue de soutenir les séparatistes en les entraînant, en leur fournissant des armes et des soldats. Elle a stationné un grand nombre de forces sur sa frontière avec l'Ukraine", a affirmé M. Stoltenberg.

Moscou nie être impliqué dans ce conflit entre Kiev et des séparatistes prorusses, qui a fait plus de 6.400 morts depuis avril 2014.

"Les meilleures chances pour la paix résident dans une mise en oeuvre complète l'accord de Minsk", qui a permis l'instauration d'un cessez-le-feu en février, a martelé le patron de l'Alliance.

"J'exhorte toutes les parties à le faire, et la Russie a une responsabilité particulière à cet égard", a poursuivi M. Stoltenberg.

En dépit de cette trêve instaurée le 15 février, après la signature des accords de paix de Minsk 2, l'est de l'Ukraine a connu une flambée de violences début juin, lorsque les séparatistes ont déclenché une offensive sur Mariinka, une localité restée sous contrôle des forces gouvernementales prooccidentales, à une vingtaine de kilomètres de Donetsk.

Leur intensité a diminué par la suite mais des affrontements meurtriers ont encore lieu régulièrement.

Un diplomate à Bruxelles a d'ailleurs estimé cette semaine que le niveau de violations du cessez-le-feu constaté ces derniers jours était presque aussi élevé qu'avant la signature de l'accord de Minsk en février.

"Oui, il y a de nombreux problèmes et violations, mais je vois pas d'alternative (...) sans Minsk, je crains que la situation ne se détériore encore davantage", a commenté M. Stoltenberg lors d'une conférence de presse, après la réunion.

Il a précisé que l'Otan allait mettre en place un sixième fonds de soutien destiné à moderniser les institutions et l'armée en Ukraine, ciblant cette fois le domaine du déminage.

L'Otan va aussi financer des projets pour mieux protéger les communications militaires du pays, et l'aider dans sa gestion du trafic aérien, a expliqué M. Stoltenberg, qui a évité de faire le lien avec le crash du Boeing de la Malaysia Airlines, probablement abattu par un missile sol-air au-dessus de la zone des combats en Ukraine avec 298 personnes à bord en juillet 2014.

"Augmenter la sécurité régionale aérienne est important, particulièrement dans une zone instable où des combats se poursuivent au sol. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de partager plus de données sur le trafic aérien" civil, a-t-il simplement dit.

Ces données seront fournies par les agences de contrôle aérien de Pologne, Norvège et Turquie.

L'Alliance attend de l'Ukraine "des réformes significatives" alors même que le pays est plongé dans une grave crise économique, a rappelé M. Stoltenberg. "Il reste un long chemin à parcourir, par exemple en ce qui concerne la corruption".

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